Plan de soins infirmiers pour exacerbation de BPCO
COPD

Plan de soins infirmiers pour exacerbation de BPCO

Plan de soins infirmiers pour exacerbation de BPCO avec diagnostics infirmiers priorisés, dégagement des voies aériennes, échanges gazeux et PDF imprimable. Conçu par des infirmiers pour des infirmiers.

Plan de soins infirmiers

Diagnostic infirmier 1 : Dégagement inefficace des voies aériennes

Dégagement inefficace des voies aériennes lié à une exacerbation aiguë de bronchopneumopathie chronique obstructive (EABPCO), se manifestant par des ronchi diffus et des sibilances expiratoires à l'auscultation ; augmentation du volume des expectorations à l'aspect purulent (jaune-vert) ; toux faible et inefficace avec mauvaise évacuation des sécrétions ; oppression thoracique et difficultés à expectorer rapportées par le patient ; phase expiratoire prolongée, utilisation des muscles accessoires.

Interventions

  • Ausculter les bruits respiratoires dans tous les champs pulmonaires à une fréquence adaptée à l'acuité clinique et au protocole institutionnel ; documenter la localisation et la qualité des bruits surajoutés.
  • Évaluer la fréquence respiratoire, l'amplitude, l'effort ventilatoire et l'utilisation des muscles accessoires à une fréquence adaptée à l'acuité clinique.
  • Documenter le volume, la couleur, la consistance et l'odeur des expectorations par quart de travail et selon le protocole institutionnel.
  • Évaluer l'efficacité de la toux ; noter si les sécrétions sont mobilisées.
  • Surveiller la SpO2 en continu selon le protocole institutionnel ; suivre la tendance plutôt que les valeurs isolées.
  • Administrer les bronchodilatateurs programmés et à la demande (SABA + SAMA via DuoNeb) selon prescription ; réévaluer dans les 15–30 minutes selon le protocole institutionnel.
  • Installer le patient en position de Fowler haute ou en position tripode (assis penché en avant, bras appuyés sur la tablette de lit) lorsque tolérée.
  • Encourager l'hydratation orale (généralement 1,5–2 L/jour) selon prescription médicale, sauf contre-indication cardiaque ou rénale.
  • Enseigner la technique de toux dirigée (huff cough) et mettre des mouchoirs ainsi qu'un crachoir étiqueté à portée de main au chevet.
  • Coordonner avec le kinésithérapeute respiratoire la kinésithérapie de drainage ou l'utilisation d'un dispositif PEP oscillant (par exemple, Acapella) selon prescription médicale et protocole institutionnel.
  • Enseigner la respiration à lèvres pincées : inspiration nasale sur 2 temps, expiration par lèvres pincées sur 4 temps.
  • Enseigner la technique correcte d'utilisation des inhalateurs et de la chambre d'inhalation ; faire démontrer par le patient avant la sortie.
  • Éduquer sur le sevrage tabagique et proposer des ressources médicamenteuses et comportementales selon le protocole institutionnel.
  • Enseigner au patient les signes d'alerte précoces d'une exacerbation (couleur et volume des expectorations, aggravation de la dyspnée) et le plan d'action selon prescription médicale.
  • Informer le médecin en cas de fièvre nouvelle, de crépitants focaux nouveaux ou de modification vers des expectorations franchement purulentes.
  • Escalader vers le kinésithérapeute respiratoire et l'équipe médicale en cas de sibilances réfractaires, de fréquence respiratoire croissante ou de SpO2 déclinante malgré une bronchodilatation optimisée, selon le protocole institutionnel.

Résultat attendu : Le patient expectore efficacement les sécrétions lorsque l'état clinique le permet ; les bruits respiratoires sont surveillés et l'amélioration est documentée sur les auscultations successives ; la fréquence respiratoire est surveillée et signalée dans les paramètres prescrits.

Diagnostic infirmier 2 : Altération des échanges gazeux

Altération des échanges gazeux liée à une exacerbation aiguë de bronchopneumopathie chronique obstructive (EABPCO), se manifestant par une SpO2 à 86% en air ambiant ; GDS : pH 7,31, PaCO2 62 mmHg, PaO2 56 mmHg, HCO3 30 mEq/L ; utilisation des muscles accessoires (sternocléidomastoïdiens, scalènes) au repos ; phase expiratoire prolongée (rapport I:E > 1:3) ; dyspnée au repos rapportée par le patient, grade mMRC 4.

Interventions

  • Surveiller la SpO2 en continu selon le protocole institutionnel ; titrer l'oxygène dans les paramètres prescrits (cible courante dans la BPCO : 88–92%).
  • Réaliser les GDS à l'admission et selon prescription ; signaler un pH < 7,35 ou une PaCO2 croissante par rapport à la valeur de référence selon prescription médicale.
  • Évaluer le travail ventilatoire : fréquence, amplitude, utilisation des muscles accessoires, mouvement abdominal paradoxal et capacité à parler en phrases complètes.
  • Surveiller l'état de conscience à une fréquence adaptée à l'acuité clinique ; documenter les modifications de la vigilance, de l'orientation ou du comportement.
  • Observer la cyanose (lèvres, lits unguéaux), la tachycardie, l'agitation et la confusion.
  • Administrer l'oxygène par masque Venturi ou lunettes nasales à faible débit selon prescription pour maintenir la SpO2 dans les paramètres prescrits ; diminuer le débit lorsque les valeurs dépassent la cible prescrite selon le protocole institutionnel.
  • Installer le patient en position de Fowler haute ou en position tripode pour favoriser l'excursion diaphragmatique.
  • Regrouper les soins infirmiers et préserver des périodes de repos non interrompues lorsque l'état clinique le permet.
  • Coordonner avec le kinésithérapeute respiratoire et l'équipe médicale la mise en place d'une VNI/BiPAP selon le protocole institutionnel lorsque le pH < 7,35 avec PaCO2 croissante et que le patient est suffisamment éveillé pour protéger ses voies aériennes.
  • Administrer les bronchodilatateurs programmés et les corticostéroïdes systémiques selon prescription ; documenter la réponse à chaque dose.
  • Renforcer la respiration à lèvres pincées lors des épisodes de dyspnée pour prolonger l'expiration et favoriser la réduction du piégeage d'air.
  • Éduquer le patient et sa famille sur la cible SpO2 88–92% couramment utilisée dans la BPCO selon prescription médicale et expliquer pourquoi une valeur plus élevée n'est pas nécessairement meilleure.
  • Enseigner le fractionnement des activités, les techniques d'économie d'énergie et la reconnaissance des signes d'alerte de dyspnée justifiant d'appeler le 15 ou de suivre le plan d'action médical.
  • Informer le médecin en cas de somnolence nouvelle sous oxygène, de pH < 7,30 ou de PaCO2 augmentant de > 10 mmHg au-dessus de la valeur de référence.
  • Coordonner le transfert en soins intensifs et la préparation à l'intubation selon le protocole institutionnel si la VNI n'améliore pas la trajectoire après la fenêtre d'essai prescrite ou si le patient ne peut pas protéger ses voies aériennes.

Résultat attendu : SpO2 surveillée dans les paramètres prescrits sous O2 prescrit (généralement 88–92% dans la BPCO selon prescription médicale) ; les résultats des GDS, notamment le pH et la tendance de la PaCO2, sont surveillés et signalés selon prescription médicale ; la fréquence respiratoire est surveillée dans les paramètres prescrits sans nouvelle utilisation des muscles accessoires au repos.

Diagnostic infirmier 3 : Mode de respiration inefficace

Mode de respiration inefficace lié à une exacerbation aiguë de bronchopneumopathie chronique obstructive (EABPCO), se manifestant par une fréquence respiratoire de 28–34 cycles/min au repos ; utilisation des muscles sternocléidomastoïdiens et scalènes ; expiration prolongée avec sibilances audibles ; respiration à lèvres pincées adoptée spontanément ; patient anxieux, penché en avant en position tripode.

Interventions

  • Mesurer la fréquence respiratoire sur une minute complète ; noter l'amplitude, le rythme et la symétrie.
  • Observer l'utilisation des muscles accessoires, les tirages intercostaux et le mouvement abdominal paradoxal.
  • Évaluer la dyspnée à l'aide d'une échelle de 0–10 ou de l'échelle mMRC au repos et à l'effort.
  • Observer le rapport inspiration/expiration ; noter la phase expiratoire prolongée caractéristique des maladies obstructives.
  • Installer le patient en position de Fowler haute ou en position tripode ; mettre à disposition une tablette de lit avec un oreiller pour l'appui en avant.
  • Enseigner la respiration à lèvres pincées toutes les heures en période d'éveil ; associer à un accompagnement calme au chevet lors des épisodes de dyspnée.
  • Regrouper les soins pour préserver des périodes de repos non interrompues (au moins 30 minutes) lorsque l'état clinique le permet.
  • Administrer les bronchodilatateurs programmés selon prescription et évaluer la fréquence respiratoire et l'utilisation des muscles accessoires 15–30 minutes après chaque dose.
  • Assurer un environnement calme et peu stimulant ; coordonner la limitation des visites lors des épisodes de dyspnée aiguë selon le protocole institutionnel.
  • Enseigner la respiration diaphragmatique (abdominale) : main posée sur l'abdomen, inspiration nasale lente en gonflant le ventre, expiration lente par lèvres pincées.
  • Enseigner le fractionnement de la parole (phrases courtes) et de l'activité en fonction du mode respiratoire actuel.
  • Éduquer sur le sevrage tabagique et l'évitement des polluants intérieurs et extérieurs pouvant déclencher un bronchospasme.
  • Informer le médecin en cas de fréquence respiratoire soutenue > 30, de diminution de la fréquence respiratoire avec altération de la conscience ou d'apparition d'une respiration paradoxale.
  • Coordonner la réévaluation par le kinésithérapeute respiratoire selon le protocole institutionnel en cas d'aggravation du mode de respiration malgré la bronchodilatation.

Résultat attendu : La fréquence respiratoire est surveillée dans les paramètres prescrits au repos ; l'utilisation des muscles accessoires est surveillée et la tendance à la diminution est documentée ; le patient démontre une respiration à lèvres pincées et diaphragmatique efficace lorsqu'il est éveillé.

Diagnostic infirmier 4 : Intolérance à l'activité

Intolérance à l'activité liée à une exacerbation aiguë de bronchopneumopathie chronique obstructive (EABPCO), se manifestant par une dyspnée à l'effort minime (grade mMRC 3–4) ; SpO2 chutant de 90% à 84% lors d'une marche de 6 mètres ; fatigue lors des activités de la vie quotidienne (AVQ) (toilette, habillage) rapportée par le patient ; FC passant de 92 à 130 bpm à l'effort minime ; déconditionnement lié à la progression de la BPCO sur plusieurs années.

Interventions

  • Mesurer la FC, la FR, la SpO2 et le score de dyspnée avant, pendant et après l'activité selon le protocole institutionnel.
  • Évaluer la dyspnée et la fatigue ressenties par le patient sur des échelles de 0–10 avant et après l'activité.
  • Identifier la capacité fonctionnelle de base du patient et sa tolérance antérieure à l'effort.
  • Observer les signes de surmenage : pâleur, diaphorèse, vertiges, syncope, douleur thoracique.
  • Aider aux AVQ selon les besoins ; mettre à disposition un siège de douche, un bassin de lit et des aides à la préhension selon le protocole institutionnel.
  • Coordonner avec le service de kinésithérapie un programme de mobilisation progressive et supervisée selon prescription médicale.
  • Interrompre l'activité selon les paramètres prescrits et le protocole institutionnel si la SpO2 descend en dessous du seuil prescrit, si la dyspnée de Borg atteint le plafond prescrit (généralement ≥ 7/10) ou si la FC dépasse le plafond prescrit (généralement 80% de la fréquence maximale théorique).
  • Prévoir des périodes de repos (généralement au moins 30 minutes) entre les activités et après les AVQ selon le protocole institutionnel.
  • Vérifier que l'oxygène portable avec le réglage de FiO2 prescrit est en place avant toute déambulation.
  • Enseigner les techniques d'économie d'énergie : se doucher ou s'habiller assis, organiser le matériel à portée de main, expirer pendant l'effort.
  • Enseigner le fractionnement de l'activité : alterner les tâches difficiles avec des périodes de repos ; effectuer les tâches les plus exigeantes au pic d'effet des bronchodilatateurs.
  • Orienter vers la réhabilitation respiratoire pour un programme d'exercice supervisé, une éducation thérapeutique et un soutien psychosocial selon prescription médicale.
  • Enseigner au patient l'utilisation de la respiration à lèvres pincées pendant l'effort, et non après l'apparition de la dyspnée.
  • Informer le médecin en cas de douleur thoracique à l'effort nouvelle, de syncope ou de désaturation persistante à l'effort en dessous du seuil prescrit.
  • Coordonner l'orientation vers la réhabilitation respiratoire ambulatoire et l'évaluation de l'oxygénothérapie à domicile selon prescription médicale avant la sortie.

Résultat attendu : Le patient déambule de façon progressive (par exemple 15 mètres) avec O2 portable et aide de proximité selon prescription médicale ; la SpO2 est surveillée dans les paramètres prescrits lors de l'activité prescrite ; la FC revient à moins de 10 bpm de la valeur de repos dans les 5 minutes suivant l'arrêt de l'activité lorsque l'état clinique le permet.

Diagnostic infirmier 5 : Anxiété

Anxiété liée à une exacerbation aiguë de bronchopneumopathie chronique obstructive (EABPCO), se manifestant par une verbalisation de la peur d'étouffer ou de mourir ; agitation et hypervigilance envers les sensations respiratoires ; tachycardie et tachypnée disproportionnées à l'état clinique ; tortillement des mains, incapacité à se mettre au repos dans le lit ; troubles du sommeil liés à la dyspnée et aux réveils nocturnes.

Interventions

  • Évaluer l'anxiété sur une échelle de 0–10 à chaque début de quart et selon les besoins lors des épisodes de dyspnée.
  • Identifier les déclencheurs spécifiques (essoufflement, bruits des alarmes, peur de mourir, antécédent d'hospitalisation en soins intensifs).
  • Observer les signes physiques : tachycardie disproportionnée, agitation, tortillement des mains, hypervigilance.
  • Adopter une présence calme et rassurante ; s'exprimer clairement et à un rythme mesuré.
  • Expliquer les soins et les résultats en langage accessible avant de les réaliser.
  • Regrouper les soins pour préserver des périodes de repos non interrompues (généralement au moins 30 minutes) lorsque l'état clinique le permet.
  • Limiter les stimuli nocturnes non essentiels (lumières au plafond, conversations bruyantes, alarmes non nécessaires) selon le protocole institutionnel.
  • Rester auprès du patient lors des épisodes de dyspnée aiguë et guider la respiration à lèvres pincées à ses côtés.
  • Enseigner la respiration à lèvres pincées et des techniques d'ancrage que le patient peut utiliser de façon autonome.
  • Éduquer le patient et sa famille sur la signification des alarmes et sur les résultats cliniquement préoccupants ou non.
  • Enseigner la relaxation musculaire progressive et remettre un plan d'action écrit pour les épisodes de dyspnée à domicile selon prescription médicale.
  • Coordonner l'intervention de l'aumônerie, du service social ou de la psychologie selon le protocole institutionnel en cas d'anxiété persistante ou sévère.
  • Informer le médecin en cas d'anxiété sévère ou persistante non améliorée par les mesures non pharmacologiques.

Résultat attendu : L'anxiété rapportée par le patient sur une échelle de 0–10 est documentée et suivie en tendance ; le patient démontre ≥ 1 technique d'auto-prise en charge (respiration à lèvres pincées, ancrage) lorsqu'il est éveillé ; la FC et la FR sont surveillées en cohérence avec l'état clinique.

Physiopathologie

La bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) est caractérisée par une limitation persistante du débit aérien résultant de deux processus qui se chevauchent : la bronchite chronique (inflammation des voies aériennes, hyperplasie des cellules caliciformes, hypersécrétion muqueuse) et l'emphysème (destruction des parois alvéolaires avec perte du recul élastique). Le tabagisme est la principale cause à l'échelle mondiale ; le déficit en alpha-1 antitrypsine constitue l'étiologie génétique principale et doit être envisagé chez les patients jeunes ou non-fumeurs. Une exacerbation aiguë (EABPCO) correspond à une aggravation soutenue des symptômes respiratoires au-delà des variations quotidiennes habituelles. Le déclencheur le plus fréquent est une infection respiratoire virale ou bactérienne ; parmi les autres facteurs précipitants figurent l'exposition à la pollution atmosphérique, la charge allergénique et la non-observance thérapeutique. Au cours d'une exacerbation, l'amplification de l'inflammation des voies aériennes entraîne une hypersécrétion muqueuse et un bronchospasme, qui rétrécissent des voies aériennes déjà compromises. L'obstruction du débit expiratoire provoque un piégeage d'air et une hyperinflation dynamique, aplatissant le diaphragme et augmentant substantiellement le travail ventilatoire. Lorsque la mécanique ventilatoire défaille, une rétention de CO2 peut survenir, avec une acidose respiratoire et une hypoxémie aggravée par l'inadéquation ventilation/perfusion (V/Q). La sévérité est classifiée selon le Rapport GOLD 2024, qui guide les décisions concernant les bronchodilatateurs, les corticostéroïdes, les antibiotiques et la ventilation non invasive.

Référence rapide

  • Cible SpO2 : 88–92% selon prescription médicale (généralement pas ≥ 92% dans la BPCO)
  • Cible FC : 60–100 bpm
  • Durée antibiothérapie : 5–7 jours en cas d'expectoration purulente, selon prescription médicale
  • Cure de corticostéroïdes systémiques : Prednisone 40 mg x 5 jours selon GOLD 2024 et prescription médicale
  • Seuil BiPAP : pH < 7,35 avec PaCO2 croissante, selon protocole institutionnel

Examens biologiques courants

Examen Valeurs normales Signification dans la BPCO
GDS – pH 7,35–7,45 < 7,35 avec ↑ PaCO2 peut refléter une acidose respiratoire aiguë sur chronique. L'infirmier(ère) signale la tendance et la valeur ; l'instauration de la VNI est une décision médicale selon le protocole institutionnel.
GDS – PaCO2 35–45 mmHg Comparer à la valeur de référence du patient lorsqu'elle est disponible ; les patients hypercapniques chroniques ont souvent des valeurs plus élevées. L'infirmier(ère) signale les valeurs en dehors des paramètres prescrits à l'équipe médicale.
GDS – PaO2 80–100 mmHg Une PaO2 de 60–70 mmHg est une cible couramment visée dans la BPCO selon prescription médicale. Une PaO2 plus élevée peut aggraver l'inadéquation V/Q et l'élimination du CO2 via l'effet Haldane.
HCO3 22–26 mEq/L Des valeurs élevées peuvent refléter une compensation métabolique chronique à la rétention de CO2.
NFS – Leucocytes 4 500–11 000/µL Une élévation peut orienter vers un déclencheur bactérien ; la décision d'antibiothérapie est médicale, éclairée par l'aspect des expectorations et les critères d'Anthonisen.
CRP < 10 mg/L Marqueur de tendance pouvant étayer l'évaluation d'une infection bactérienne et la réponse au traitement. L'infirmier(ère) signale la tendance à l'équipe médicale.
Culture des expectorations Selon protocole institutionnel Peut contribuer à l'adaptation de l'antibiothérapie selon prescription médicale. Prélever avant la première dose d'antibiotique lorsque cela est faisable et prescrit.
Radiographie thoracique Absence d'infiltrat aigu Aide l'équipe médicale à rechercher une pneumonie, un pneumothorax ou un œdème pulmonaire pouvant mimer une EABPCO.
BNP < 100 pg/mL Peut contribuer à différencier une EABPCO d'une décompensation d'insuffisance cardiaque concomitante ou alternative. L'interprétation relève de l'équipe médicale.
D-dimères < 500 ng/mL (ajusté à l'âge chez les patients > 50 ans : âge x 10 ng/mL) L'embolie pulmonaire est un diagnostic différentiel sous-reconnu de l'EABPCO ; l'équipe médicale peut initier un bilan en cas d'hypoxémie inexpliquée.
Numération des éosinophiles < 300 cellules/µL Des valeurs > 300 peuvent être en faveur d'une corticosensibilité selon GOLD 2024 ; les décisions relatives aux corticostéroïdes restent du ressort médical.
Taux de théophylline 5–15 mcg/mL Marge thérapeutique étroite ; risque de toxicité au-delà de 20. L'infirmier(ère) signale les valeurs hors paramètres prescrits et les symptômes préoccupants.

Médicaments courants

Classe Exemples Mécanisme d'action Principaux effets indésirables Considérations infirmières
Bêta-2 agoniste de courte durée d'action (SABA) Albuterol 2,5 mg (composant du DuoNeb) nébulisation toutes les 4–6h en traitement de fond ; selon prescription médicale toutes les 1–2h si besoin en exacerbation aiguë Stimule les récepteurs β2, favorisant la relaxation du muscle lisse bronchique et la bronchodilatation. Tachycardie, tremblements, hypokaliémie, palpitations, anxiété. Administrer selon prescription médicale, les recommandations pharmaceutiques et le protocole institutionnel. Contrôler la FC avant et après la nébulisation ; surveiller le K+ en cas d'administration fréquente selon prescription médicale ; réévaluer les sibilances et le travail ventilatoire après chaque traitement et escalader les préoccupations selon le protocole institutionnel.
Anticholinergique de courte durée d'action (SAMA) Ipratropium 0,5 mg (composant du DuoNeb) nébulisation toutes les 4–6h en traitement de fond ; selon prescription médicale toutes les 1–2h si besoin en exacerbation aiguë Bloque les récepteurs muscariniques, favorisant la réduction du tonus bronchoconstricteur vagal. Sécheresse buccale, rétention urinaire, vision floue (éviter le contact oculaire), bronchospasme paradoxal. Administrer selon prescription. La combinaison avec un SABA sous forme de DuoNeb (albuterol 2,5 mg + ipratropium 0,5 mg) est un schéma de première intention courant dans l'EABPCO selon GOLD 2024 et prescription médicale. Évaluer les contre-indications relatives (HBP, glaucome) et signaler les préoccupations à l'équipe médicale.
Corticostéroïde inhalé (CSI) Fluticasone, Budésonide Supprime l'inflammation des voies aériennes ; peut réduire la fréquence des exacerbations à long terme. Candidose oropharyngée, dysphonie, risque accru possible de pneumonie, délai d'action. Administrer selon prescription. Enseigner le rinçage buccal après chaque prise ; n'est pas utilisé en traitement de secours aigu. Le bénéfice peut être maximal lorsque les éosinophiles > 300 selon GOLD 2024.
Corticostéroïde systémique Prednisone 40 mg PO x 5 jours OU méthylprednisolone IV selon prescription médicale Réduit l'inflammation des voies aériennes et peut raccourcir la durée de l'exacerbation. Hyperglycémie, hypertension, insomnie, labilité émotionnelle, immunosuppression, hémorragie digestive. Administrer selon prescription. Surveiller la glycémie selon le protocole institutionnel (généralement toutes les 6h) et signaler les valeurs hors paramètres prescrits. La dégression n'est généralement pas nécessaire pour la cure de 5 jours selon GOLD 2024 ; la décision appartient au médecin. Administrer avec de la nourriture si possible ; expliquer la justification de la cure courte.
Antibiotique Azithromycine, Doxycycline OU Amoxicilline-acide clavulanique (selon prescription médicale, stratifié par sévérité) Couverture bactérienne en cas d'expectoration purulente ou de ventilation mécanique (critères d'Anthonisen). Options de première intention stratifiées par sévérité selon GOLD 2024 et prescription médicale : non compliqué -> doxycycline ou azithromycine ; compliqué (VEMS1 < 50%, exacerbateur fréquent, comorbidité cardiaque) -> amox-clavulanate ou une fluoroquinolone respiratoire ; risque lié à Pseudomonas (hospitalisation récente, bronchectasie, antibiothérapie large spectre récente) -> couverture antipseudomonale. Troubles digestifs, allongement du QT (azithromycine), photosensibilité (doxycycline), C. difficile. Administrer selon prescription médicale, les recommandations pharmaceutiques et le protocole institutionnel. Généralement indiqué en présence d'≥ 2 critères parmi : aggravation de la dyspnée + augmentation du volume des expectorations + expectoration purulente ; le choix de l'antibiotique est une décision médicale. Réaliser un ECG en cas de prescription d'agents allongeant le QT.
Méthylxanthine Théophylline, Aminophylline Inhibiteur non sélectif de la PDE ; favorise la bronchodilatation avec un léger effet anti-inflammatoire. Tachyarythmies, convulsions, nausées, tremblements ; index thérapeutique étroit. Administrer selon prescription. Taux sérique cible 5–15 mcg/mL ; risque de toxicité au-delà de 20. Nombreuses interactions médicamenteuses (macrolides, ciprofloxacine) ; rarement en première intention dans la pratique actuelle. Signaler les taux préoccupants ou les symptômes à l'équipe médicale.
Oxygénothérapie Lunettes nasales 1–2 L/min ; masque Venturi 24–28%, titré selon prescription médicale Corrige l'hypoxémie à la FiO2 efficace la plus faible. Un apport excessif d'oxygène dans la BPCO peut aggraver l'hypercapnie, principalement par levée de la vasoconstriction pulmonaire hypoxique (aggravation de l'inadéquation V/Q), l'effet Haldane (l'oxyhémoglobine libère du CO2) et l'atélectasie par résorption. Insuffisance respiratoire hypercapnique avec FiO2 élevée, atélectasie par résorption, sécheresse des muqueuses. Administrer selon prescription et titrer dans les paramètres prescrits. Cible courante SpO2 88–92% dans la BPCO selon prescription médicale et protocole institutionnel ; diminuer le débit lorsque la SpO2 dépasse la valeur cible prescrite. Surveiller la somnolence et escalader selon le protocole institutionnel.
Inhibiteur de la PDE-4 Roflumilast Inhibition sélective de la phosphodiestérase-4 ; peut réduire l'inflammation dans la BPCO sévère avec bronchite chronique. Perte de poids, diarrhée, nausées, céphalées ; troubles de l'humeur avec dépression récente ou aggravée et idées suicidaires ; contre-indiqué en cas d'insuffisance hépatique modérée à sévère (Child-Pugh B/C). Administrer selon prescription. Généralement réservé à la BPCO sévère (VEMS1 < 50%) avec phénotype bronchite chronique et exacerbations fréquentes. Signaler les modifications de l'humeur à l'équipe médicale.

Références

  • Makic, M. B. F., & Martinez-Kratz, M. R. (Eds.). (2023). Ackley and Ladwig’s Nursing Diagnosis Handbook: An Evidence-Based Guide to Planning Care (13th ed.). Elsevier.
  • Global Initiative for Chronic Obstructive Lung Disease. (2024). Global Strategy for the Diagnosis, Management, and Prevention of COPD: 2024 Report. Retrieved from https://goldcopd.org/
  • Wedzicha, J. A., Miravitlles, M., Hurst, J. R., et al. (2017). Management of COPD exacerbations: a European Respiratory Society/American Thoracic Society guideline. European Respiratory Journal, 49(3), 1600791.

Questions fréquentes

What is the nursing care plan for COPD?

A COPD nursing care plan organizes the assessment, nursing diagnoses, goals, interventions, and evaluation criteria for a patient with COPD Exacerbation. Diagnoses are ordered by what is currently most destabilizing for the patient.

What are the priority nursing diagnoses for COPD?

Priority diagnoses for COPD appear in the Nursing Diagnoses section above, ordered by clinical acuity. The top diagnosis should reflect what is currently most destabilizing for this specific patient.

What is the priority nursing intervention for COPD?

Priority interventions for COPD are listed in the care plan above, organized by diagnosis. The most critical actions address airway, circulation, and the highest-acuity problem first.

What complications should the nurse monitor for in COPD?

Complications to monitor for in COPD are listed within each diagnosis section above. Trend vitals, mental status, and the condition-specific red flags described in the assessment section.

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