Plan de soins infirmiers pour l'anémie
Plan de soins infirmiers pour l'anémie : oxygénation, tolérance à l'activité, gestion des transfusions et PDF imprimable.
Plan de soins infirmiers
Diagnostic infirmier 1 : Intolérance à l'activité
Intolérance à l'activité liée à l'anémie : Hgb < 13 g/dL chez l'homme, < 12 g/dL chez la femme, < 11 g/dL en cours de grossesse (OMS) ; capacité de transport en oxygène réduite, se manifestant par un déséquilibre entre l'apport et la demande en oxygène lié à une Hgb basse ; dyspnée d'effort à moins de 15 m de marche ; fatigue et faiblesse rapportées par le patient ; élévation de la FC > 20 bpm par rapport à la valeur de base lors d'un effort minime ; chute de la SpO2 > 4 % à l'activité.
Interventions
- Surveiller les constantes vitales (FC, PA, FR, SpO2) avant, pendant et après l'activité selon le protocole de l'établissement.
- Mesurer les constantes en position orthostatique (décubitus, assis, debout) avant la première déambulation de chaque vacation lorsque prescrit ou selon le protocole de l'établissement.
- Évaluer la dyspnée et la fatigue rapportées par le patient sur une échelle de 0 à 10 avant et après l'activité.
- Observer les signes de surmenage à l'effort : pâleur, diaphorèse, douleur thoracique, palpitations ou syncope.
- Surveiller l'évolution de l'Hgb, de l'Hct et de la numération des réticulocytes selon la prescription médicale.
- Aider aux activités de la vie quotidienne (AVQ) selon les besoins ; regrouper les soins pour ménager des périodes de repos ininterrompues.
- Coordonner avec le kinésithérapeute un programme de mobilisation progressive selon la prescription médicale et le protocole de l'établissement.
- Interrompre l'activité et réévaluer en cas de chute de la PAS > 20 mmHg, d'élévation de la FC > 20 % par rapport au repos, de SpO2 < 92 %, de nouvelle douleur thoracique ou de nouvelle dyspnée ; escalader selon le protocole de l'établissement.
- Administrer l'oxygénothérapie prescrite lorsque la SpO2 descend en dessous des paramètres prescrits à l'activité.
- Maintenir la sonnette d'appel, l'eau et les objets fréquemment utilisés à portée de main.
- Éduquer le patient sur les techniques d'économie d'énergie : fractionner les activités, hiérarchiser les tâches, réaliser les tâches en position assise si possible.
- Apprendre au patient à identifier son seuil de dyspnée et à s'arrêter pour se reposer avant de l'atteindre.
- Renforcer le message que l'alitement prolongé peut accélérer le déconditionnement ; encourager une activité légère et régulière dans les limites prescrites.
- Enseigner les signes nécessitant un appel au 15 (SAMU) : douleur thoracique, syncope, dyspnée sévère d'apparition brutale, confusion ou palpitations.
- Informer le prescripteur en cas de chute de l'Hgb, de nouvelle douleur thoracique, de syncope ou de tachycardie persistante au repos.
- Coordonner une évaluation cardiologique selon la prescription médicale si les symptômes persistent après correction de l'Hgb.
Résultat attendu : Le patient déambule dans les limites d'activité prescrites sans dyspnée significative ; la FC revient vers la valeur de base dans un délai raisonnable après l'activité, selon le protocole de l'établissement ; la SpO2 reste dans les paramètres prescrits lors de la déambulation.
Diagnostic infirmier 2 : Activity Intolerance
Fatigue liée à l'anémie : Hgb < 13 g/dL chez l'homme, < 12 g/dL chez la femme, < 11 g/dL en cours de grossesse (OMS) ; capacité de transport en oxygène réduite, se manifestant par une fatigue persistante non soulagée par le repos rapportée par le patient ; Hgb < 10 g/dL ; diminution de la participation aux AVQ ; troubles du sommeil (mauvaise qualité du sommeil, somnolence diurne) ; déclarations verbales d'être « épuisé(e) » après un effort minime.
Interventions
- Évaluer la sévérité de la fatigue sur une échelle de 0 à 10 en début de chaque vacation et si besoin.
- Identifier les facteurs contributifs : douleur, mauvais sommeil, dépression, effets indésirables médicamenteux, saignement actif persistant.
- Évaluer la qualité et la durée du sommeil quotidiennement ; identifier les facteurs environnementaux ou symptomatiques perturbateurs.
- Recueillir les antécédents alimentaires concernant l'apport en aliments riches en fer, en B12 et en folates lorsque cela est approprié à l'étiologie.
- Surveiller l'évolution des examens biologiques (Hgb, Hct, numération des réticulocytes, bilan martial, B12, folates) selon la prescription médicale.
- Regrouper les soins infirmiers pour ménager des blocs de repos ininterrompus lorsque l'état clinique le permet.
- Administrer le fer oral, la B12, les folates, les ASE ou les produits sanguins prescrits selon les directives du prescripteur, les recommandations pharmaceutiques et le protocole de l'établissement.
- Coordonner une consultation diététique selon la prescription médicale ou le protocole de l'établissement.
- Limiter les stimuli nocturnes non essentiels (lumières au plafond, conversations bruyantes, alarmes inutiles) selon le protocole de l'établissement.
- Enseigner les aliments riches en fer (p. ex., viande rouge maigre, abats, haricots, lentilles, légumes verts à feuilles foncées, céréales enrichies) selon les préférences alimentaires et les restrictions prescrites.
- Enseigner l'association des aliments riches en fer avec une source de vitamine C (p. ex., agrumes, poivrons, fraises, tomates) lorsque cela est compatible avec l'alimentation du patient.
- Enseigner à séparer la prise de fer du thé, café, lait et aliments riches en calcium selon un intervalle conforme aux directives du prescripteur.
- Enseigner les sources de B12 (p. ex., viandes, poissons, œufs, produits laitiers, aliments enrichis) et de folates (p. ex., légumes verts à feuilles, légumineuses, céréales enrichies) selon le régime alimentaire du patient.
- Enseigner les stratégies d'économie d'énergie : fractionnement des activités, hiérarchisation, repos avant l'épuisement, délégation des tâches non essentielles.
- Informer le prescripteur en cas d'aggravation de la fatigue malgré le traitement prescrit, de nouveaux symptômes neurologiques (p. ex., paresthésies, ataxie) ou de signes de saignement.
- Coordonner le contrôle de la NFS de suivi selon l'intervalle prescrit par l'équipe médicale.
Résultat attendu : Le patient rapporte une diminution de la fatigue sur une échelle de 0 à 10 ; le patient participe aux AVQ avec une aide adaptée ; le patient rapporte une amélioration de la qualité du sommeil.
Diagnostic infirmier 3 : Risque hémorragique
Risque hémorragique lié à l'anémie : Hgb < 13 g/dL chez l'homme, < 12 g/dL chez la femme, < 11 g/dL en cours de grossesse (OMS) ; capacité de transport en oxygène réduite, se manifestant par une source de saignement actif connue ou suspectée (digestive, uro-génitale, chirurgicale, menstruelle) ; traitement anticoagulant ou antiagrégant plaquettaire ; thrombopénie (plaquettes < 100 K/µL) ; coagulopathie (INR > 1,5, TCA allongé) ; antécédents de saignements récidivants.
Interventions
- Évaluer à chaque vacation la présence d'un saignement extériorisé : gencives, nez, sites de voie veineuse, sites opératoires, selles, urines, vomissements et flux menstruel.
- Surveiller les constantes vitales selon le protocole de l'établissement ; mesurer les constantes orthostatiques avant la première déambulation si prescrit.
- Inspecter la peau à la recherche de pétéchies, d'ecchymoses et d'hématomes ; noter toute ecchymose nouvelle ou en extension.
- Tester les selles et les vomissements pour la recherche de sang occulte selon le protocole de l'établissement et la prescription médicale.
- Surveiller l'évolution de l'Hgb et de l'Hct à l'intervalle prescrit par l'équipe médicale en cas de suspicion de saignement actif.
- Surveiller le TP/INR, le TCA, la numération plaquettaire et le fibrinogène selon la prescription médicale.
- Appliquer les précautions anti-hémorragiques selon le protocole de l'établissement : brosse à dents souple, rasoir électrique, éviter les températures rectales ou les suppositoires si possible, et limiter les injections IM.
- Exercer une pression manuelle prolongée sur les sites de ponction veineuse et d'injection selon le protocole de l'établissement.
- Interrompre les anticoagulants et les antiagrégants uniquement sur prescription ; documenter l'arrêt et la justification du prescripteur.
- Maintenir un accès veineux de gros calibre si prescrit pour une éventuelle expansion volémique ou transfusion de produits sanguins.
- Coordonner avec la banque du sang pour le groupage-RAI ou l'épreuve de compatibilité selon la prescription médicale ; préparer les produits sanguins selon le protocole de l'établissement.
- Administrer les agents de reversal prescrits (p. ex., vitamine K, PFC, concentré de complexe prothrombinique, plaquettes) selon les directives du prescripteur, les recommandations pharmaceutiques et le protocole de l'établissement.
- Enseigner au patient et à sa famille les précautions anti-hémorragiques : éviter les AINS et l'aspirine en automédication sauf si prescrits, utiliser une brosse à dents souple, éviter les sports de contact.
- Enseigner les situations nécessitant une consultation en urgence : vomissements sanglants ou de type marc de café, selles noires ou sanglantes, flux menstruel abondant saturant rapidement les protections, céphalées sévères ou syncope.
- Informer rapidement le prescripteur en cas de chute de la PAS, de tachycardie persistante, de diminution de l'Hgb ou de tout nouveau saignement extériorisé.
- Coordonner une consultation gastro-entérologique, urologique ou chirurgicale selon la prescription médicale en fonction de la source suspectée du saignement.
Résultat attendu : Aucun saignement nouveau ou aggravé identifié lors de la vacation ; Hgb et Hct stables ou en progression sur les examens biologiques successifs ; constantes vitales surveillées et transmises dans les paramètres prescrits.
Diagnostic infirmier 4 : Risque de dénutrition
Risque de dénutrition lié à l'anémie : Hgb < 13 g/dL chez l'homme, < 12 g/dL chez la femme, < 11 g/dL en cours de grossesse (OMS) ; capacité de transport en oxygène réduite, se manifestant par un apport en fer, B12 ou folates inférieur aux apports journaliers recommandés ; régime alimentaire restrictif (végétalien, végétarien sans supplémentation) ; malabsorption (maladie cœliaque, MICI, chirurgie gastrique de dérivation, gastrite atrophique) ; besoins accrus (grossesse, allaitement, croissance) ; consommation chronique d'alcool.
Interventions
- Recueillir un rappel alimentaire des 24 heures et un historique alimentaire de la semaine type.
- Évaluer les facteurs de risque nutritionnel : régime végétarien ou végétalien, chirurgie gastrique de dérivation, maladie cœliaque ou MICI, consommation d'alcool, âge > 65 ans, grossesse.
- Dépister l'insécurité alimentaire à l'aide d'un outil de dépistage standardisé selon le protocole de l'établissement.
- Surveiller le poids, l'IMC et l'évolution de l'albumine/préalbumine selon les données disponibles.
- Surveiller l'évolution sérielle du bilan martial, de la B12, des folates et de la numération des réticulocytes selon la prescription médicale.
- Administrer le fer oral ou parentéral, la B12 et les folates prescrits selon les directives du prescripteur, les recommandations pharmaceutiques et le protocole de l'établissement.
- Soutenir la prise du fer oral selon les directives du prescripteur (couramment 1 heure avant ou 2 heures après les repas, associée à une source de vitamine C si prescrit).
- Coordonner une consultation diététique selon la prescription médicale ou le protocole de l'établissement.
- Coordonner les orientations vers les programmes d'aide alimentaire (p. ex., banques alimentaires, aides sociales spécifiques) lorsqu'une insécurité alimentaire est identifiée, selon le circuit d'assistance sociale de l'établissement.
- Enseigner les aliments riches en fer adaptés au régime du patient (p. ex., viande rouge maigre, foie, volaille, poisson, haricots, lentilles, tofu, céréales enrichies, épinards, graines de courge).
- Enseigner l'association du fer non héminique avec une source de vitamine C (p. ex., poivrons, agrumes, fraises, tomates, brocolis) lorsque cela est compatible avec l'alimentation du patient.
- Enseigner à séparer la prise de fer oral du café, thé, lait, suppléments calciques et antiacides selon un intervalle conforme aux directives du prescripteur.
- Enseigner les sources de B12 (p. ex., produits animaux, laits végétaux enrichis, levure nutritionnelle) et de folates (p. ex., légumes verts à feuilles, légumineuses, céréales enrichies, agrumes) adaptées au régime du patient.
- Enseigner les effets indésirables courants du fer oral et les stratégies d'autogestion (p. ex., constipation, selles foncées, troubles digestifs).
- Renforcer le message que l'amélioration biologique est progressive (les réticulocytes augmentent couramment en 7 à 10 jours, l'Hgb en 2 à 4 semaines, la ferritine sur plusieurs mois).
- Informer le prescripteur en cas de réponse insuffisante au fer oral après 4 semaines de traitement ou de nouveaux symptômes neurologiques pouvant évoquer une carence en B12.
- Coordonner le contrôle de la NFS, de la ferritine, de la B12 et des folates selon l'intervalle prescrit par l'équipe médicale.
Résultat attendu : Le patient verbalise les aliments riches en fer et les sources de B12/folates adaptés à son régime avant la sortie ; le patient démontre la prise du fer oral avec une source de vitamine C et la séparation du calcium/thé/café lorsque cela est conforme aux directives du prescripteur ; l'Hgb, la ferritine, la B12 et les folates sont surveillés et suivis sur les examens biologiques de contrôle selon la prescription médicale.
Diagnostic infirmier 5 : Risque de chute
Risque de chute lié à l'anémie : Hgb < 13 g/dL chez l'homme, < 12 g/dL chez la femme, < 11 g/dL en cours de grossesse (OMS) ; capacité de transport en oxygène réduite, se manifestant par une hypotension orthostatique liée à l'anémie et à l'état volémique ; fatigue et faiblesse généralisée ; tachycardie et diminution de l'apport en oxygène au cerveau ; âge > 65 ans ; polymédication (sédatifs, antihypertenseurs, diurétiques).
Interventions
- Réaliser une évaluation du risque de chute (p. ex., échelle de Morse ou équivalent) à l'admission et à des intervalles conformes au protocole de l'établissement.
- Mesurer les constantes orthostatiques avant la première déambulation de chaque vacation si prescrit ou selon le protocole de l'établissement.
- Évaluer la marche, l'équilibre et la force des membres inférieurs.
- Passer en revue la liste des médicaments à risque de chute (p. ex., sédatifs, antihypertenseurs, diurétiques, opioïdes).
- Appliquer le protocole de prévention des chutes de l'établissement : lit en position basse, freins bloqués, sonnette d'appel à portée de main, chaussettes antidérapantes, éclairage adapté.
- Apposer un identifiant de risque élevé de chute (p. ex., bracelet, signalétique) selon la politique de l'établissement.
- Mettre en place des toilettes programmées (p. ex., toutes les 2 heures) pour les patients présentant des urgences mictionnelles, selon le protocole de l'établissement.
- Assurer une aide en veille ou au contact lors des transferts et de la déambulation jusqu'à ce que la tolérance à l'activité soit établie, selon le protocole de l'établissement.
- Enseigner au patient à s'asseoir au bord du lit pendant un moment (couramment au moins 1 minute) avant de se lever, selon le protocole de l'établissement.
- Enseigner au patient d'appeler à l'aide avant de se lever du lit, même pour aller aux toilettes.
- Enseigner les stratégies de prévention des chutes à domicile : retirer les tapis mobiles, installer des barres d'appui si possible, utiliser des veilleuses, dégager les zones de passage.
- Informer la famille sur les techniques de transfert sécurisé et de surveillance.
- Informer le prescripteur de toute chute (avec ou sans témoin) ; réaliser une évaluation post-chute et un rapport d'incident selon le protocole de l'établissement.
- Coordonner une consultation en kinésithérapie/ergothérapie selon la prescription médicale pour l'évaluation de la marche, de l'équilibre et de la sécurité au domicile.
Résultat attendu : Aucune chute pendant l'hospitalisation ; le patient utilise la sonnette d'appel avant de se lever du lit ; le patient démontre une technique de changement de position sécurisée (p. ex., s'asseoir au bord du lit avant de se lever).
Diagnostic infirmier 6 : Déficit de connaissances
Déficit de connaissances lié à l'anémie : Hgb < 13 g/dL chez l'homme, < 12 g/dL chez la femme, < 11 g/dL en cours de grossesse (OMS) ; capacité de transport en oxygène réduite, se manifestant par un nouveau diagnostic d'anémie ou un nouveau plan de prise en charge d'une anémie chronique ; méconnaissance de la supplémentation en fer, B12 ou folates et du délai de réponse attendu ; éducation antérieure limitée sur la transfusion ou le traitement par ASE ; barrières linguistiques, d'alphabétisation ou culturelles aux supports d'éducation standard ; demande d'information complémentaire formulée par le patient ou la famille.
Interventions
- Évaluer la compréhension actuelle du patient concernant son anémie, notamment l'étiologie et le plan de soins.
- Évaluer la langue préférée, le niveau d'alphabétisation et le style d'apprentissage.
- Évaluer les considérations culturelles, religieuses et alimentaires susceptibles d'influencer le plan éducatif.
- Identifier les obstacles potentiels à l'éducation : douleur, fatigue, anxiété, troubles cognitifs, déficits sensoriels.
- Utiliser la méthode du teach-back pour vérifier la compréhension de chaque point éducatif majeur.
- Fournir des supports écrits, illustrés ou vidéo à un niveau de lecture adapté, dans la langue préférée du patient selon les ressources de l'établissement.
- Coordonner les services d'interprétariat selon le protocole de l'établissement pour les patients ne maîtrisant pas suffisamment la langue.
- Renforcer l'éducation à chaque interaction, en petits segments adaptés aux capacités du patient.
- Expliquer au patient son type spécifique d'anémie en langage accessible, en utilisant l'étiologie et le plan communiqués par l'équipe médicale.
- Enseigner le rôle, l'effet attendu et les effets indésirables courants de chaque traitement prescrit (p. ex., fer oral, fer IV, B12, folates, ASE, transfusion), en coordination avec l'équipe médicale et la pharmacie.
- Renforcer les délais réalistes d'amélioration (les réticulocytes augmentent couramment en 7 à 10 jours, l'Hgb en 2 à 4 semaines, et les réserves martiales sur plusieurs mois).
- Enseigner quand appeler la consultation externe versus quand consulter en urgence : selles noires ou sanglantes, vomissements sanglants, saignement abondant, douleur thoracique, syncope, dyspnée sévère d'apparition brutale.
- Renforcer l'importance des examens biologiques de contrôle et des consultations de suivi selon le plan de l'équipe médicale.
- Informer le prescripteur lorsque le patient ou la famille exprime une incompréhension significative ou un obstacle que l'infirmier/infirmière ne peut résoudre au chevet.
- Coordonner les orientations vers l'éducation thérapeutique du diabète, le diététicien, le pharmacien ou les programmes de gestion des maladies chroniques si prescrits ou disponibles selon le protocole de l'établissement.
Résultat attendu : Le patient et sa famille verbalisent dans leurs propres mots la cause de l'anémie du patient ; le patient verbalise le rôle de tout traitement prescrit (p. ex., fer oral, fer IV, B12, folates, ASE, transfusion) selon l'enseignement du prescripteur ; le patient verbalise les signes devant motiver un appel à la consultation externe ou une consultation en urgence.
Physiopathologie
L'anémie est une réduction de la masse érythrocytaire circulante qui diminue la capacité de transport en oxygène du sang. Trois mécanismes en sont responsables. Diminution de la production : carence en fer, en B12 ou en folates ; insuffisance médullaire (aplasique, infiltrative, SMD) ; maladie rénale chronique avec déficit en érythropoïétine (EPO) ; et anémie des maladies chroniques. Destruction accrue (hémolyse) : drépanocytose, thalassémie, anémie hémolytique auto-immune, déficit en G6PD et fragmentation mécanique. Perte sanguine : traumatisme aigu, hémorragie digestive, perte menstruelle ou hémorragie chirurgicale. Le VGM classe morphologiquement l'anémie : microcytaire (< 80), incluant la carence en fer, la thalassémie, l'anémie tardive des maladies chroniques et les profils sidéroblastiques ; normocytaire (80 à 100), incluant la perte sanguine aiguë, l'anémie précoce des maladies chroniques, la MRC et l'hémolyse ; macrocytaire (> 100), incluant la carence en B12/folates, l'hypothyroïdie, la maladie hépatique, le SMD et les profils médicamenteux. L'hypoxie tissulaire peut induire une tachycardie compensatrice, une tachypnée et une vasoconstriction périphérique ; une anémie chronique prolongée peut entraîner une insuffisance cardiaque à débit élevé. L'anémie aiguë est bien moins bien tolérée que l'anémie chronique d'installation progressive. Le bilan étiologique et les seuils transfusionnels suivent les recommandations de l'ASH et les recommandations transfusionnelles AABB 2023 ; les seuils spécifiques et les décisions de substitution sont fixés par l'équipe médicale et le protocole de l'établissement.
Référence rapide
- Seuil transfusionnel (AABB 2023) : Hgb < 7 patient stable sans saignement ; < 8 patient cardiaque/symptomatique
- Ferritine (carence en fer) : < 30 ng/mL diagnostique ; < 100 en contexte inflammatoire
- Réticulocytes % : > 2 % peut témoigner d'une réponse médullaire adaptée ; < 2 % peut suggérer une insuffisance de production
- Classification par le VGM : < 80 micro · 80 à 100 normo · > 100 macro
- Aiguë vs chronique : Une Hgb chronique à 7 peut être asymptomatique ; une chute aiguë peut être dangereuse
Examens biologiques courants
| Examen | Valeurs normales | Signification dans l'anémie |
|---|---|---|
| NFS avec Hgb & Hct | Hgb ≥ 13 (H) / 12 (F) g/dL | Définit l'anémie ; la sévérité aide l'équipe médicale à évaluer les indications transfusionnelles selon l'AABB 2023 et le protocole de l'établissement. |
| VGM / TCMH / CCMH / IDR | VGM 80 à 100 fL | Aide à classer les profils micro/normo/macrocytaires ; une IDR élevée peut suggérer une carence mixte. Les infirmiers/infirmières rapportent l'évolution et signalent les valeurs hors normes de référence. |
| Numération des réticulocytes (corrigée) | 0,5 à 2,5 % (corrigé pour l'Hct) | > 2 % peut témoigner d'une réponse médullaire adaptée ; < 2 % peut suggérer un trouble de la production. Les infirmiers/infirmières surveillent l'évolution des valeurs successives. |
| Bilan martial (ferritine, CTF, Fe sérique, CST) | Ferritine > 30 ng/mL | Une ferritine < 30 peut orienter vers une carence en fer ; l'augmentation du CTF associée à la baisse du CST aide à confirmer le diagnostic. La voie et l'objectif de supplémentation sont fixés par l'équipe médicale. |
| Vitamine B12 + AMM | B12 > 200 pg/mL | Une B12 basse avec une AMM élevée peut orienter vers une carence. La voie de substitution (IM vs forte dose orale) est choisie par l'équipe médicale. |
| Folates (folates érythrocytaires de préférence) | > 4 ng/mL | À vérifier conjointement avec la B12 ; une supplémentation en folates sans évaluation de la B12 peut corriger l'anémie tout en laissant des déficits neurologiques liés à la carence en B12 non traités. |
| Bilan d'hémolyse (LDH, bilirubine indirecte, haptoglobine, test de Coombs) | Haptoglobine 30 à 200 mg/dL | L'élévation des LDH, l'augmentation de la bilirubine indirecte et la diminution de l'haptoglobine peuvent ensemble orienter vers une hémolyse. Les infirmiers/infirmières rapportent le profil à l'équipe médicale. |
| Frottis sanguin périphérique | Morphologie érythrocytaire normale | La présence de schizocytes, de drépanocytes, de sphérocytes ou de polynucléaires hypersegmentés peut aider l'équipe médicale à préciser l'étiologie. |
| Groupe sanguin & RAI / Épreuve de compatibilité | Unités compatibles identifiées | Réalisés à l'admission sur prescription médicale lorsqu'une transfusion est envisagée ; la durée de validité de l'épreuve de compatibilité suit la politique de la banque du sang de l'établissement. |
| Urée / Créatinine | 7 à 20 / 0,6 à 1,2 mg/dL | Aide l'équipe médicale à envisager la MRC comme facteur contributif au déficit en EPO et oriente les décisions concernant les ASE selon le protocole de l'établissement. |
Médicaments courants
| Classe | Exemples | Mécanisme d'action | Effets indésirables principaux | Considérations infirmières |
|---|---|---|---|---|
| Fer oral | Sulfate ferreux 325 mg (≈ 65 mg de fer élément), gluconate ferreux, fumarate ferreux | Reconstitue les réserves en fer. Selon Stoffel 2017 et Camaschella 2019, une prise un jour sur deux de fer élément (couramment 60 à 120 mg tous les deux jours) peut améliorer l'absorption fractionnelle et réduire les effets indésirables gastro-intestinaux par rapport à une prise quotidienne. | Constipation, selles foncées, nausées, douleurs abdominales, goût métallique. | Administrer selon la prescription conformément aux directives du prescripteur, aux recommandations pharmaceutiques et au protocole de l'établissement. La posologie, la voie, la fréquence et la durée sont fixées par l'équipe médicale ; les infirmiers/infirmières veillent habituellement à l'administration 1 heure avant ou 2 heures après les repas, associent à une source de vitamine C si prescrit, et séparent de la prise de thé, café, calcium et antiacides au moment de la dose. Surveiller l'observance, la tolérance digestive et la réponse sur l'Hgb/réticulocytes. |
| Fer intraveineux | Fer saccharose, carboxymaltose ferrique, gluconate ferrique | Reconstitue les réserves en fer lorsque le traitement oral n'est pas approprié ou non toléré. Généralement envisagé par l'équipe médicale en cas de malabsorption, de MRC, de MICI, de chirurgie bariatrique, d'intolérance au fer oral, ou de carence martiale associée à une insuffisance cardiaque (FAIR-HF, AFFIRM-AHF). | Hypotension, anaphylaxie (rare), hypophosphatémie (notamment avec le carboxymaltose ferrique), réaction au site d'injection. | Administrer selon la prescription conformément aux directives du prescripteur, aux recommandations pharmaceutiques et au protocole de l'établissement. Les infirmiers/infirmières vérifient la perméabilité de la voie veineuse, surveillent la survenue d'une réaction lors et après la perfusion selon la fenêtre d'observation prescrite, et s'assurent de la disponibilité des médicaments et équipements d'urgence. Signaler immédiatement toute nouvelle hypotension, urticaire, dyspnée ou oppression thoracique et escalader selon le protocole de l'établissement. |
| Vitamine B12 | Cyanocobalamine (IM ou forte dose orale) | Reconstitue la B12 en cas d'anémie de Biermer, de gastrectomie, de maladie iléale ou de carence d'apport. La voie (IM vs forte dose orale) et la durée sont choisies par l'équipe médicale selon l'étiologie et les capacités d'absorption. | Hypokaliémie rare en début de supplémentation ; douleur au site d'injection. | Administrer selon la prescription conformément aux directives du prescripteur, aux recommandations pharmaceutiques et au protocole de l'établissement. Surveiller la kaliémie en début de supplémentation, renforcer le message que le traitement est souvent au long cours en cas d'anémie de Biermer, et signaler à l'équipe médicale tout nouveau symptôme neurologique ou aggravation. |
| Folates (acide folique) | Acide folique 1 à 5 mg PO par jour | Reconstitue les réserves en folates ; les folates sont indispensables à la synthèse d'ADN lors de l'érythropoïèse. La posologie et la durée sont fixées par l'équipe médicale. | Généralement bien toléré. Une supplémentation en folates sans évaluation de la B12 peut corriger l'anémie tout en laissant des déficits neurologiques liés à la carence en B12 non traités. | Administrer selon la prescription conformément aux directives du prescripteur. Les infirmiers/infirmières soutiennent l'évaluation du statut en B12 avant tout enseignement autonome sur les folates et renforcent le suivi concomitant de la B12 lorsque cela est indiqué par l'équipe médicale. |
| Agent stimulant l'érythropoïèse (ASE) | Époétine alfa, darbépoétine alfa | Stimule la production érythrocytaire via le récepteur de l'EPO ; couramment utilisé dans l'anémie liée à la MRC et l'anémie chimio-induite selon les directives du prescripteur et le protocole de l'établissement. | Mise en garde encadrée : thrombose, IDM, AVC et progression tumorale ; hypertension artérielle ; érythroblastopénie (rare). | Administrer selon la prescription conformément aux directives du prescripteur, aux recommandations pharmaceutiques et au protocole de l'établissement. L'objectif d'Hgb (couramment dans la plage 10 à 11 g/dL plutôt que la normalisation) est fixé par l'équipe médicale. Les infirmiers/infirmières surveillent la pression artérielle, soutiennent l'évaluation des réserves martiales avant et pendant le traitement selon les prescriptions, et signalent toute nouvelle hypertension, tout symptôme thromboembolique ou toute élévation de l'Hgb au-delà des paramètres prescrits. |
| Hydroxyurée | Hydroxyurée (posologie selon prescription médicale, couramment 15 à 35 mg/kg/jour PO) | Peut augmenter l'hémoglobine fœtale (HbF) dans la drépanocytose, ce qui peut réduire les crises vaso-occlusives et les épisodes de syndrome thoracique aigu. La posologie, la titration et le calendrier de surveillance sont fixés par l'équipe médicale. | Myélosuppression (neutropénie, thrombopénie), troubles gastro-intestinaux, tératogénicité. | Administrer selon la prescription conformément aux directives du prescripteur, aux recommandations pharmaceutiques et au protocole de l'établissement. Les infirmiers/infirmières soutiennent la surveillance sérielle de la NFS selon le calendrier prescrit (couramment toutes les 2 semaines lors de la titration), renforcent l'enseignement sur la contraception selon les directives du prescripteur, et fixent des attentes réalistes quant au fait que l'effet complet peut prendre plusieurs mois. |
| Transfusion de culots globulaires (CGR) | Concentrés de globules rouges déleucocytés | Peut corriger une anémie symptomatique en situation aiguë. Une unité peut augmenter l'Hgb d'environ 1 g/dL et l'Hct d'environ 3 % chez un adulte moyen. | Réaction fébrile non hémolytique, réaction allergique, TRALI, TACO, réaction hémolytique aiguë et (rare) infection transmise par transfusion. | Administrer selon la prescription conformément aux directives du prescripteur et au protocole transfusionnel de l'établissement. Selon l'AABB 2023, un seuil restrictif de Hgb < 7 g/dL est couramment utilisé chez les patients hospitalisés stables sans saignement, et Hgb < 8 g/dL chez les patients cardiaques ou symptomatiques ; le seuil spécifique et le choix du produit sont des décisions de l'équipe médicale. Les infirmiers/infirmières vérifient l'identité du patient avec un(e) second(e) infirmier/infirmière selon le protocole, documentent les constantes initiales, surveillent les 15 premières minutes selon le protocole de l'établissement, réévaluent les constantes aux intervalles définis par l'établissement, et arrêtent la perfusion et avertissent le prescripteur à tout signe de réaction. |
| Chélateur de fer | Déféroxamine, déférasirox, défériprone | Fixe l'excès de fer en cas de surcharge transfusionnelle (p. ex., thalassémie, drépanocytose, SMD). Le choix et la posologie sont fixés par l'équipe médicale. | Modifications auditives ou visuelles, toxicité rénale ou hépatique, troubles gastro-intestinaux (notamment avec le déférasirox). | Administrer selon la prescription conformément aux directives du prescripteur, aux recommandations pharmaceutiques et au protocole de l'établissement. Les infirmiers/infirmières soutiennent la surveillance audiologique et ophtalmologique initiale et sérielle selon les prescriptions, surveillent l'évolution des transaminases et de la fonction rénale, et renforcent l'importance pour le patient de signaler rapidement tout nouveau symptôme visuel, auditif ou gastro-intestinal. |
Références
- Makic, M. B. F., & Martinez-Kratz, M. R. (Eds.). (2023). Ackley and Ladwig’s Nursing Diagnosis Handbook: An Evidence-Based Guide to Planning Care (13th ed.). Elsevier.
- Carson, J. L., Stanworth, S. J., Guyatt, G., et al. (2023). Red Blood Cell Transfusion: 2023 AABB International Clinical Practice Guidelines. JAMA, 330(19), 1892–1902.
- Camaschella, C. (2019). Iron Deficiency. Blood, 133(1), 30–39.
- Stoffel, N. U., Cercamondi, C. I., Brittenham, G., et al. (2017). Iron absorption from oral iron supplements given on consecutive versus alternate days and as single morning doses versus twice-daily split dosing in iron-depleted women: two open-label, randomised controlled trials. The Lancet Haematology, 4(11), e524–e533.
Questions fréquentes
What is the nursing care plan for Anemia?
A Anemia nursing care plan organizes the assessment, nursing diagnoses, goals, interventions, and evaluation criteria for a patient with Anemia. Diagnoses are ordered by what is currently most destabilizing for the patient.
What are the priority nursing diagnoses for Anemia?
Priority diagnoses for Anemia appear in the Nursing Diagnoses section above, ordered by clinical acuity. The top diagnosis should reflect what is currently most destabilizing for this specific patient.
What is the priority nursing intervention for Anemia?
Priority interventions for Anemia are listed in the care plan above, organized by diagnosis. The most critical actions address airway, circulation, and the highest-acuity problem first.
What complications should the nurse monitor for in Anemia?
Complications to monitor for in Anemia are listed within each diagnosis section above. Trend vitals, mental status, and the condition-specific red flags described in the assessment section.