Plan de soins infirmiers — Syncope
Syncope

Plan de soins infirmiers — Syncope

Plan de soins infirmiers pour la syncope et la présyncope, avec diagnostics infirmiers priorisés, interventions, réduction du risque de chute et PDF imprimable.

Plan de soins infirmiers

Diagnostic infirmier 1 : Risque de chute

Risque de chute lié à la syncope : perte de conscience transitoire due à une hypoperfusion cérébrale globale, d'installation rapide, de courte durée et avec récupération spontanée complète, objectivé par : épisode syncopal witnessed avec chute ; lipothymie, diaphorèse, nausées en présyncopal ; chute orthostatique de PA > 20/10 mmHg du décubitus à l'orthostatisme ; âge ≥ 65 ans avec polymédication (antihypertenseurs, diurétiques, alphabloquants) ; antécédent de syncope inexpliquée récidivante.

Interventions

  • Mesurer les constantes en position orthostatique (décubitus, assis, debout) à 1 minute et à 3 minutes selon le protocole de l'établissement et la prescription médicale.
  • Réaliser un ECG 12 dérivations à l'admission et lors de tout prodrome récidivant sur prescription médicale ; installer le patient sous monitoring continu selon le protocole de l'établissement.
  • Coordonner une révision médicamenteuse complète avec l'équipe médicale et la pharmacie chez les patients ≥ 65 ans, incluant un dépistage selon les critères de Beers, selon le protocole de l'établissement.
  • Documenter le récit du témoin de l'événement : prodrome, position, durée de la perte de conscience, présence de secousses myocloniques, confusion post-critique et incontinence.
  • Contribuer à la stratification du risque par l'équipe médicale en recueillant les données nécessaires à la règle de syncope de San Francisco (CHESS), au Score canadien de risque de syncope ou au score OESIL, selon le protocole de l'établissement.
  • Évaluer la marche, l'équilibre et la force des membres inférieurs avant la première mobilisation après l'épisode, selon le protocole de l'établissement.
  • Mettre en place le protocole de prévention des chutes de l'établissement : lit en position basse, freins bloqués, sonnette d'appel à portée, chaussures antidérapantes, bracelet jaune et signalétique à la porte.
  • Aider le patient à s'asseoir au bord du lit pendant 1 à 2 minutes avant de se lever ; exiger un appel avant la première déambulation post-épisode selon le protocole de l'établissement.
  • En cas d'étiologie orthostatique documentée, appliquer une ceinture abdominale et des bas de contention genoux (couramment 20–30 mmHg) en journée, sur prescription médicale et selon le protocole de l'établissement.
  • En cas d'étiologie orthostatique volémique ou vasovagale, encourager l'hydratation orale lorsque le médecin a prescrit une prise hydrique libéralisée (couramment 2–3 L/j) et libéraliser les apports sodés sur prescription médicale en l'absence de contre-indication (IC/HTA).
  • Administrer la midodrine ou la fludrocortisone prescrites selon l'ordonnance ; ne pas administrer la midodrine dans les 4 heures précédant le coucher, sur prescription médicale ; recontrôler la PA en décubitus selon le protocole de l'établissement.
  • Coordonner la réalisation d'un test d'inclinaison (table basculante) selon le protocole de l'établissement et la prescription médicale chez certains patients présentant une syncope récidivante inexpliquée.
  • Enseigner la reconnaissance du prodrome : sensations vertigineuses, sueurs, nausées, vision trouble, sensation de chaleur ; apprendre au patient à s'asseoir ou à s'allonger immédiatement.
  • Démontrer les manœuvres de contre-pression et les faire réaliser en retour par le patient : croisement des jambes avec contraction musculaire, serrage de la main et accroupissement.
  • Éduquer sur les restrictions concernant la conduite automobile (variable selon la législation, couramment 6 mois sans symptôme) et recommander de consulter le médecin avant la reprise.
  • Enseigner l'éviction des facteurs déclenchants : déshydratation, station debout prolongée, chaleur, repas copieux, alcool et manœuvre de Valsalva (effort à la selle, accès de toux).
  • Alerter le médecin en cas de nouvelle arythmie au monitoring, de douleur thoracique, de syncope récidivante ou de toute anomalie ECG.
  • Coordonner la consultation en cardiologie et la pose d'un enregistreur d'événements / Holter / moniteur implantable en cas de syncope récidivante inexpliquée, sur prescription médicale et selon le protocole de l'établissement.

Résultat attendu : Le patient ne présente aucun épisode syncopal ni chute durant l'hospitalisation ; le patient identifie et verbalise un plan d'évitement de ses facteurs déclenchants personnels ; le patient réalise correctement au moins 2 manœuvres de contre-pression.

Diagnostic infirmier 2 : Altération du débit cardiaque

Altération du débit cardiaque liée à la syncope : perte de conscience transitoire due à une hypoperfusion cérébrale globale, d'installation rapide, de courte durée et avec récupération spontanée complète, objectivée par : syncope witnessed avec ECG anormal (QT long, bloc AV, modifications ischémiques, WPW) ; nouvelle arythmie au monitoring ; syncope à l'effort ou sans prodrome ; cardiopathie structurelle connue (rétrécissement aortique, CMHO) ; antécédent familial de mort subite cardiaque.

Interventions

  • Surveiller le rythme cardiaque en continu selon le protocole de l'établissement et documenter toute nouvelle arythmie avec les symptômes associés du patient.
  • Réaliser des ECG 12 dérivations sériels à l'admission, lors de tout prodrome et sur prescription médicale.
  • Ausculter les bruits du cœur à la recherche de souffles, de B3 ou de B4 ; signaler à l'équipe médicale tout souffle systolique éjectionnel ou autre anomalie préoccupante.
  • Surveiller la troponine de manière sériée sur prescription médicale.
  • Évaluer la perfusion périphérique : temps de recoloration cutanée, température et couleur de la peau, qualité des pouls distaux, à une fréquence adaptée à l'état clinique et au protocole de l'établissement.
  • Surveiller la diurèse selon le protocole de l'établissement ; signaler une diurèse < 30 mL/h pendant 2 heures consécutives.
  • Maintenir un abord veineux fiable selon le protocole de l'établissement ; s'assurer de la disponibilité des médicaments d'urgence cardiologique et du défibrillateur selon les standards du service.
  • Administrer les médicaments cardiaques prescrits (bêtabloquant, antiarythmique) selon l'ordonnance ; contrôler la FC et la PA avant chaque dose et suspendre l'administration selon les paramètres du médecin et le protocole de l'établissement.
  • Vérifier le dossier d'administration des médicaments pour identifier les agents allongeant le QT (ex. ondansétron, azithromycine, fluoroquinolones, halopéridol) chez les patients présentant un QT long de base ; signaler les préoccupations à l'équipe médicale et à la pharmacie selon le protocole de l'établissement.
  • Prévoir des périodes de repos entre les soins et aider à limiter les facteurs déclenchants liés à l'effort (Valsalva, effort à la selle) en cas de CMHO ou de rétrécissement aortique connu, sur prescription médicale.
  • Coordonner la mise en place des dispositifs de surveillance cardiaque (monitoring, Holter, enregistreur externe d'événements ou moniteur implantable) sur prescription médicale et selon le protocole de l'établissement.
  • Informer le patient et sa famille des signes de récidive : prodrome, palpitations, douleur thoracique ; leur apprendre à s'allonger immédiatement et à appeler à l'aide.
  • Éduquer sur l'importance de l'observance médicamenteuse et sur l'interdiction d'arrêter brusquement les bêtabloquants ou les antiarythmiques sans avis médical.
  • Pour les patients porteurs d'un DAI, enseigner la conduite à tenir en cas de choc, l'utilisation de l'aimant, les restrictions de conduite automobile et les signes d'infection de loge, conformément aux recommandations de l'équipe responsable du dispositif.
  • Escalader selon le protocole de l'établissement en cas de TV soutenue, de bloc auriculo-ventriculaire complet, de sus-décalage ST nouveau, de PAS persistante < 90 ou de syncope récidivante sous monitoring.
  • Coordonner les consultations en cardiologie et en électrophysiologie pour échocardiographie, épreuve d'effort et évaluation d'une indication à un stimulateur ou à un DAI, sur prescription médicale et selon le protocole de l'établissement.

Résultat attendu : Le patient ne présente plus d'épisode syncopal durant l'hospitalisation ; les données ECG et de monitoring sont surveillées et signalées selon le protocole de l'établissement ; la FC et la PA sont surveillées et signalées dans les paramètres prescrits.

Diagnostic infirmier 3 : Déficit de connaissances

Déficit de connaissances lié à la syncope : perte de conscience transitoire due à une hypoperfusion cérébrale globale, d'installation rapide, de courte durée et avec récupération spontanée complète, objectivé par : premier épisode syncopal ; patient ou famille exprimant une peur, une confusion ou des idées fausses ; méconnaissance des facteurs déclenchants vasovagaux et des manœuvres de contre-pression ; méconnaissance des restrictions concernant la conduite automobile ; polymédication avec compréhension limitée de la contribution médicamenteuse.

Interventions

  • Évaluer les connaissances de base du patient sur la syncope, ses causes et ses antécédents d'épisodes en utilisant la méthode du teach-back selon le protocole de l'établissement.
  • Identifier les préférences d'apprentissage (visuel, écrit, verbal) ainsi que tout obstacle à la littératie ou à la compréhension linguistique.
  • Identifier les facteurs déclenchants personnels du patient à partir de l'anamnèse : station debout prolongée, chaleur, déshydratation, douleur, prélèvement sanguin, miction.
  • Remettre un plan de sortie écrit dans la langue préférée du patient, listant les facteurs déclenchants, les mesures préventives, les signes du prodrome et les rendez-vous de suivi, selon le protocole de l'établissement.
  • Démontrer les manœuvres de contre-pression (croisement des jambes + contraction, serrage de main, accroupissement) et les faire réaliser en retour par le patient.
  • Revoir avec le patient sa liste de médicaments en soulignant les agents que l'équipe médicale et la pharmacie sont en train d'ajuster et les raisons de ces modifications.
  • Coordonner le suivi auprès du médecin traitant et du cardiologue avant la sortie selon le protocole de l'établissement ; confirmer que le patient dispose des rendez-vous documentés.
  • Éduquer sur la reconnaissance du prodrome : sensations vertigineuses, sueurs, nausées, vision trouble, et la réponse immédiate (s'asseoir ou s'allonger, manœuvres de contre-pression).
  • Enseigner les recommandations d'hydratation et d'apport sodé selon prescription (couramment 2–3 L/j de liquides et apport sodé libéralisé en l'absence de contre-indication IC/HTA) en utilisant des repères pratiques (verres, bouteilles d'eau, contenant gradué).
  • Éduquer sur les restrictions de conduite automobile (variable selon la législation, couramment 6 mois sans symptôme) et sur les conditions de reprise après avis médical.
  • Éduquer sur les situations nécessitant d'appeler le 15 (SAMU) : douleur thoracique, perte de conscience prolongée, confusion post-critique, palpitations ou syncope récidivante.
  • Apprendre au patient à porter une carte ou un bracelet d'identification médicale mentionnant ses antécédents de syncope, ses allergies et ses médicaments essentiels.
  • Coordonner l'orientation vers des programmes de prévention des chutes ou des consultations spécialisées en dysautonomie pour les cas récidivants ou complexes, selon le protocole de l'établissement et la prescription médicale.
  • Documenter les résultats du teach-back et les lacunes persistantes dans le dossier pour assurer le suivi ambulatoire selon le protocole de l'établissement.

Résultat attendu : Le patient verbalise son profil personnel de facteurs déclenchants ; le patient réalise correctement au moins 2 manœuvres de contre-pression ; le patient décrit le plan d'hydratation et d'apport sodé prescrit en l'absence de contre-indication.

Diagnostic infirmier 4 : Anxiété

Anxiété liée à la syncope : perte de conscience transitoire due à une hypoperfusion cérébrale globale, d'installation rapide, de courte durée et avec récupération spontanée complète, objectivée par : verbalisation par le patient de la peur d'une récidive ou d'une mort subite ; gêne liée au caractère témoin de l'épisode ; perte du permis de conduire et de l'autonomie ; hypervigilance aux sensations corporelles (palpitations, sensations vertigineuses) ; troubles du sommeil et ruminations anxieuses.

Interventions

  • Évaluer le niveau d'anxiété sur une échelle de 0 à 10 à chaque début de poste et à la demande selon le protocole de l'établissement.
  • Identifier les peurs exprimées par le patient : décès, récidive en public, perte du permis de conduire, sentiment d'être un poids pour la famille.
  • Observer les signes physiques : tachycardie disproportionnée à l'état clinique, agitation, hypervigilance aux symptômes.
  • Adopter une présence calme et rassurante ; expliquer les résultats du bilan au patient en termes accessibles au fur et à mesure qu'ils sont disponibles.
  • Expliquer les soins et les résultats avant de les réaliser.
  • Regrouper les soins pour ménager des périodes de repos sans interruption lorsque l'état clinique le permet.
  • Limiter les stimuli nocturnes non essentiels (lumières au plafond, conversations bruyantes, alarmes inutiles) selon le protocole de l'établissement.
  • Enseigner la respiration diaphragmatique et des techniques d'ancrage que le patient peut utiliser de manière autonome.
  • Informer le patient et sa famille du risque réel de récidive sur la base de l'étiologie établie par l'équipe médicale.
  • Enseigner la relaxation musculaire progressive comme aide à l'endormissement.
  • Coordonner l'intervention de l'aumônerie, de l'assistant de service social ou de la psychiatrie de liaison si l'anxiété persiste ou s'aggrave.
  • Alerter le médecin en cas d'anxiété sévère ou persistante ne répondant pas aux mesures non pharmacologiques.

Résultat attendu : Le patient verbalise une diminution de son anxiété ; le patient démontre l'utilisation d'au moins une stratégie d'adaptation ; le patient décrit le risque réel de récidive sur la base du bilan de l'équipe médicale.

Diagnostic infirmier 5 : Altération de la volémie

Altération de la volémie liée à la syncope : perte de conscience transitoire due à une hypoperfusion cérébrale globale, d'installation rapide, de courte durée et avec récupération spontanée complète, objectivée par : chute orthostatique de PA > 20/10 mmHg du décubitus à l'orthostatisme ; apports oraux insuffisants (< 1 L/j de base) ; utilisation de diurétiques de l'anse ou thiazidiques ; pertes digestives récentes, fièvre ou exposition à la chaleur ; rapport urée/créatinine > 20.

Interventions

  • Surveiller les entrées et sorties de manière stricte selon le protocole de l'établissement ; calculer le bilan hydrique net sur 24 heures à chaque poste.
  • Réévaluer les constantes orthostatiques selon le protocole de l'établissement et après tout remplissage vasculaire prescrit.
  • Surveiller l'urée, la créatinine et le rapport urée/créatinine sur prescription médicale.
  • Évaluer les muqueuses, le pli cutané et le temps de recoloration cutanée à chaque poste.
  • Encourager l'hydratation orale lorsque le médecin a prescrit une prise hydrique libéralisée (couramment 2–3 L/j) et proposer des boissons toutes les heures pendant les périodes d'éveil selon le protocole de l'établissement, en l'absence de contre-indication (IC, IRCT, HTA).
  • Collaborer avec la diététicienne pour libéraliser les apports sodés sur prescription médicale chez les patients éligibles (couramment jusqu'à 6–10 g/j selon ACC/AHA 2017).
  • Administrer les solutés intraveineux prescrits selon le calendrier et surveiller les signes de surcharge (crépitants, turgescence jugulaire, œdèmes) selon le protocole de l'établissement.
  • Appliquer une ceinture abdominale et des bas de contention genoux 20–30 mmHg en journée, sur prescription médicale et selon le protocole de l'établissement.
  • Apprendre au patient à s'hydrater selon un horaire régulier plutôt que d'attendre la sensation de soif.
  • Éduquer sur les situations nécessitant une augmentation des apports : chaleur, exercice physique, troubles digestifs, consommation d'alcool.
  • Enseigner la reconnaissance de la déshydratation : sécheresse buccale, urines foncées, sensations vertigineuses à l'orthostatisme, fatigue.
  • Alerter le médecin en cas de chute orthostatique ne répondant pas au remplissage prescrit, de diurèse persistante < 30 mL/h ou de signes de surcharge.
  • Coordonner la conciliation médicamenteuse avec l'équipe médicale et la pharmacie pour identifier les diurétiques, antihypertenseurs, vasodilatateurs et autres agents déplétifsvolémiques selon le protocole de l'établissement.

Résultat attendu : Le patient atteint l'objectif d'apport oral prescrit (couramment 2–3 L/j) en l'absence de contre-indication (IC/HTA) ; les constantes orthostatiques sont surveillées et signalées dans les paramètres prescrits ; la diurèse est surveillée et signalée dans les paramètres prescrits.

Physiopathologie

La syncope est définie comme une perte de conscience transitoire (PCT) due à une hypoperfusion cérébrale globale, d'installation rapide, de courte durée et avec récupération spontanée complète. Elle se distingue de la crise épileptique, de l'hypoglycémie et de l'hypoxie, bien que ces affections puissent en imiter le tableau clinique. L'interruption de la perfusion cérébrale pendant 6 à 8 secondes, ou une chute de la PAS à 50–60 mmHg, peut suffire à provoquer une perte de conscience. Les étiologies se répartissent en trois catégories. La syncope réflexe (à médiation neurale) est la plus fréquente : vasovagale/neurocardiogénique, situationnelle (toux, miction, défécation, déglutition) et hypersensibilité du sinus carotidien. La syncope orthostatique peut résulter d'une déplétion volémique, d'une défaillance autonomique (diabète, maladie de Parkinson, atrophie multisystématisée) ou de médicaments (antihypertenseurs, diurétiques, alphabloquants, ISRS, opioïdes). La syncope cardiaque est la catégorie la plus dangereuse : arythmique (TV, bloc AV, bradycardie, QT long, WPW), structurelle (rétrécissement aortique, CMHO, myxome auriculaire), ischémique (IDM se présentant comme une syncope) ou due à une embolie pulmonaire massive. La présyncope (lipothymie) relève du même mécanisme sans perte de conscience complète. La règle de syncope de San Francisco et le Score canadien de risque de syncope peuvent aider l'équipe médicale à stratifier le risque ; la recommandation ESC 2018 insiste sur un bilan ciblé plutôt que sur une exploration systématique. Références : recommandations ACC/AHA/HRS 2017 et ESC 2018 sur la syncope.

Référence rapide

  • Mortalité cardiaque : Jusqu'à 30 % / 1 an en l'absence de traitement
  • Manœuvres de contre-pression : Accroupissement, croisement des jambes, serrage de la main
  • Chute orthostatique : > 20 / 10 mmHg ≤ 3 min
  • PA battement par battement : Haut risque / récidivant
  • Table basculante : Utilité limitée — SVV récidivante inexpliquée

Examens biologiques et paracliniques courants

Examen Valeurs normales Pertinence dans la syncope
ECG 12 dérivations Rythme sinusal normal Couramment réalisé dans le bilan de syncope pour contribuer à l'évaluation d'un QT long, d'un syndrome de Brugada, d'un WPW, d'un bloc AV et d'une ischémie, sur prescription médicale. Les infirmiers réalisent le tracé selon le protocole de l'établissement et signalent les anomalies préoccupantes.
Troponine < 0,04 ng/mL Contribue à l'évaluation d'un IDM se présentant comme une syncope par l'équipe médicale ; peut également être élevée en cas d'embolie pulmonaire. Les infirmiers surveillent les valeurs sérielles sur prescription et signalent les tendances préoccupantes.
BMP Na 135–145 / K 3,5–5,0 / Glu 70–110 Les électrolytes et la glycémie contribuent au diagnostic différentiel élargi ; l'hypoglycémie peut simuler une syncope. Les infirmiers signalent au médecin toute valeur en dehors des normes de référence.
BNP / NT-proBNP BNP < 100 pg/mL Une élévation peut orienter vers une étiologie cardiaque ou une contribution d'une insuffisance cardiaque ; l'interprétation relève de l'équipe médicale.
NFS Hgb 12–17 g/dL L'anémie peut contribuer à une syncope orthostatique et à une diminution du transport en O2 cérébral. Les infirmiers signalent toute valeur hors normes.
Test de grossesse (hCG) Négatif Couramment réalisé selon le protocole de l'établissement chez les femmes en âge de procréer avant imagerie ou administration médicamenteuse, sur prescription médicale.
D-dimères < 500 ng/mL Contribue au bilan d'embolie pulmonaire lorsque la probabilité pré-test de l'équipe médicale est modérée à élevée (ex. score de Wells).
Dépistage toxicologique / alcoolémie Négatif L'intoxication et l'usage de substances peuvent simuler ou déclencher une syncope ; à réaliser sur prescription médicale.
PA battement par battement / bilan autonomique Stable à l'orthostatisme Peut être envisagé dans le bilan d'une dysfonction autonomique en cas de syncope inexpliquée ou récidivante, sur prescription médicale et selon le protocole de l'établissement.
Holter / enregistreur d'événements / moniteur implantable (LINQ) Absence d'arythmie Le choix relève de l'équipe médicale selon la fréquence des symptômes, conformément aux recommandations ESC 2018 : Holter (symptômes quotidiens), enregistreur externe (symptômes hebdomadaires), moniteur implantable (symptômes mensuels ou moins fréquents). La corrélation symptôme-rythme est généralement considérée comme le gold standard.

Médicaments courants

Classe Exemples Mécanisme d'action Principaux effets indésirables Considérations infirmières
Première ligne (vasovagale) Réassurance, sel + hydratation, manœuvres de contre-pression L'expansion volémique et la pompe musculaire squelettique peuvent contribuer au maintien de la précharge pendant le prodrome. Généralement minimes ; surveiller une surcharge sodée en cas d'IC/HTA selon prescription médicale. Renforcer les mesures prescrites. Enseigner la reconnaissance du prodrome et les manœuvres de contre-pression. Lorsque le médecin a prescrit une hydratation libéralisée (couramment 2–3 L/j) et un apport sodé augmenté, soutenir le plan thérapeutique et surveiller les signes de surcharge, selon le protocole de l'établissement.
Midodrine ProAmatine 2,5–10 mg PO TID Agoniste sélectif des récepteurs α1 ; la vasoconstriction périphérique peut élever la PA. Hypertension en décubitus, piloérection, rétention urinaire, paresthésies du cuir chevelu. Administrer selon la prescription et le protocole de l'établissement. Ne pas administrer dans les 4 heures précédant le coucher ; les infirmiers vérifient le schéma posologique prescrit, contrôlent la PA en décubitus selon le protocole de l'établissement et escaladent selon les paramètres de suspension définis par le médecin (ex. PAS > 160).
Fludrocortisone Florinef 0,1–0,2 mg PO par jour Minéralocorticoïde ; la rétention rénale de Na+/eau contribue à l'expansion volémique. ↓ K+, ↑ PA, œdèmes, prise de poids, décompensation de l'IC. Administrer selon la prescription médicale. Les infirmiers surveillent la kaliémie selon le calendrier prescrit, documentent le poids quotidien et signalent les signes de surcharge hydrosodée selon le protocole de l'établissement. À utiliser avec précaution en cas d'IC/HTA, à la discrétion de l'équipe médicale.
Bêtabloquant Propranolol 10–20 mg PO BID (POTS) Peut atténuer la tachycardie médiée par les récepteurs β dans le POTS ; les données dans la syncope vasovagale pure sont discordantes. Bradycardie, hypotension, fatigue, bronchospasme. Administrer selon la prescription. Les infirmiers contrôlent la FC et la PA avant chaque dose et suspendent l'administration selon les paramètres du médecin (couramment FC < 50 ou PAS < 90), selon le protocole de l'établissement. Informer le patient de ne pas arrêter le médicament brusquement sans avis médical.
ISRS Paroxétine, Sertraline Module le tonus sérotoninergique central ; peut contribuer à réduire les épisodes neurocardiogéniques récidivants chez certains patients. Nausées, dysfonction sexuelle, hyponatrémie (SIADH), risque hémorragique. Administrer selon la prescription médicale. Les données probantes sont limitées ; la sélection et la réévaluation relèvent de l'équipe médicale. Les infirmiers surveillent la natrémie selon le calendrier prescrit et signalent toute anomalie préoccupante.
Stimulateur cardiaque Double chambre, réponse à la chute de fréquence Stimule lors des pauses cardioinhibitrices pour soutenir les patients présentant une syncope pause-dépendante. Infection de loge, déplacement de sonde, pneumothorax (à l'implantation). Coordonner l'orientation vers la cardiologie et l'électrophysiologie selon le protocole de l'établissement lorsque l'équipe médicale identifie une indication à la stimulation. En post-opératoire : les infirmiers suivent le protocole de l'établissement pour la surveillance du site, les restrictions d'activité du membre ipsilatéral (couramment 4–6 semaines) et l'éducation concernant la carte d'identité du dispositif.
DAI Défibrillateur automatique implantable mono- ou double sonde Détecte et interrompt la TV/FV ; peut soutenir les patients à risque de mort subite cardiaque. Chocs inappropriés, infection, défaillance de sonde, retentissement psychologique. Coordonner l'orientation vers l'électrophysiologie selon le protocole de l'établissement lorsque l'équipe médicale identifie une indication au DAI. Enseigner au patient la conduite à tenir en cas de choc, les restrictions concernant la conduite automobile selon la législation en vigueur, et l'utilisation de l'aimant selon les directives de l'équipe responsable du dispositif.
Révision médicamenteuse Antihypertenseurs, diurétiques, alphabloquants, antiarythmiques, vasodilatateurs, opioïdes (sujets âgés) La suppression ou l'ajustement d'un facteur iatrogène peut constituer l'un des leviers les plus modifiables dans la syncope orthostatique et médicamenteuse, notamment chez la personne âgée. Rebond hypertensif en cas d'arrêt brutal ; perte de l'effet thérapeutique attendu ; arythmie en cas de modification d'un antiarythmique. Coordonner une révision complète des traitements (incluant un dépistage selon les critères de Beers pour les patients ≥ 65 ans) avec l'équipe médicale et la pharmacie, selon le protocole de l'établissement. Les modifications d'anticoagulation présentent un risque particulièrement élevé et relèvent exclusivement de l'équipe médicale. Les infirmiers n'initient, n'arrêtent ni n'ajustent pas de façon indépendante les antihypertenseurs, antiarythmiques, vasodilatateurs ou anticoagulants.

Références

  • Makic, M. B. F., & Martinez-Kratz, M. R. (Eds.). (2023). Ackley and Ladwig’s Nursing Diagnosis Handbook: An Evidence-Based Guide to Planning Care (13th ed.). Elsevier.
  • Shen, W. K., Sheldon, R. S., Benditt, D. G., et al. (2017). 2017 ACC/AHA/HRS Guideline for the Evaluation and Management of Patients With Syncope. Journal of the American College of Cardiology, 70(5), e39–e110.
  • Brignole, M., Moya, A., de Lange, F. J., et al. (2018). 2018 ESC Guidelines for the diagnosis and management of syncope. European Heart Journal, 39(21), 1883–1948.

Questions fréquentes

What is the nursing care plan for Syncope?

A Syncope nursing care plan organizes the assessment, nursing diagnoses, goals, interventions, and evaluation criteria for a patient with Syncope. Diagnoses are ordered by what is currently most destabilizing for the patient.

What are the priority nursing diagnoses for Syncope?

Priority diagnoses for Syncope appear in the Nursing Diagnoses section above, ordered by clinical acuity. The top diagnosis should reflect what is currently most destabilizing for this specific patient.

What is the priority nursing intervention for Syncope?

Priority interventions for Syncope are listed in the care plan above, organized by diagnosis. The most critical actions address airway, circulation, and the highest-acuity problem first.

What complications should the nurse monitor for in Syncope?

Complications to monitor for in Syncope are listed within each diagnosis section above. Trend vitals, mental status, and the condition-specific red flags described in the assessment section.

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