Plan de soins infirmiers pour l'insuffisance cardiaque congestive (ICC)
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Plan de soins infirmiers pour l'insuffisance cardiaque congestive (ICC)

Plan de soins infirmiers complet pour l'insuffisance cardiaque congestive (ICC) avec diagnostics infirmiers, interventions prioritaires et un PDF gratuit à imprimer. Conçu par des infirmiers pour les infirmiers du service.

Plan de soins infirmiers

Diagnostic infirmier 1 : Excès de volume liquidien

Excès de volume liquidien lié à une décompensation d'insuffisance cardiaque congestive (ICC) ; classée selon la fraction d'éjection en ICFEr (FEVG ≤ 40 %), ICFEmr (41–49 %) ou ICFEp (≥ 50 %), se manifestant par : œdème bilatéral prenant le godet (2+) des membres inférieurs ; aggravation de l'essoufflement au repos ; crépitants bibasilaires à l'auscultation ; élévation du BNP > 400 pg/mL ; prise de poids > 2 kg en 48 heures.

Interventions

  • Surveiller et consigner le poids quotidien à la même heure, sur la même balance, avec les mêmes vêtements.
  • Ausculter les bruits respiratoires dans tous les champs pulmonaires à des intervalles adaptés à l'acuité clinique et au protocole de l'établissement ; consigner la présence et la répartition des crépitants.
  • Évaluer la localisation de l'œdème périphérique, le grade du godet (1–4+) et la symétrie selon le protocole de l'établissement.
  • Assurer un suivi strict des entrées et sorties (E/S) ; calculer le bilan hydrique net sur 24 heures selon le protocole de l'établissement.
  • Surveiller le BNP, les électrolytes (K+, Mg2+, Na+) et la fonction rénale (urée, Cr) selon la prescription médicale.
  • Évaluer la présence d'une TVJ avec la tête du lit inclinée à 30–45° selon le protocole de l'établissement.
  • Administrer les diurétiques de l'anse prescrits selon les directives médicales, les recommandations de la pharmacie et le protocole de l'établissement.
  • Positionner le patient en position de semi-Fowler ou de Fowler complet selon la tolérance et le protocole de l'établissement.
  • Respecter la restriction hydrique prescrite (généralement de 1,5–2 L/jour en phase de décompensation) selon la prescription médicale et le protocole de l'établissement.
  • Administrer la supplémentation prescrite en K+ et Mg2+ selon les directives médicales et le protocole de l'établissement lorsque les taux sont inférieurs aux paramètres fixés.
  • Collaborer avec la diététicienne pour un régime hyposodé (généralement ≤ 2 g/jour) selon la prescription médicale et le protocole de l'établissement.
  • Enseigner au patient la prise de poids quotidienne à domicile (même heure, même balance, mêmes vêtements) ; contacter le médecin pour une prise de poids > 1 kg (2 lb) du jour au lendemain ou > 2,3 kg (5 lb) en une semaine, ou selon les instructions du médecin.
  • Informer le patient et sa famille sur la lecture des étiquettes alimentaires pour le contrôle de la teneur en sodium selon les directives médicales.
  • Enseigner l'importance d'une prise régulière des diurétiques selon les directives médicales (généralement le matin) et de l'utilisation d'un récipient gradué pour suivre les apports hydriques.
  • Aviser le médecin en cas de diurèse < 30 mL/h pendant 2 heures consécutives, de prise de poids > 2 kg en 48 heures, de nouvelle orthopnée ou de tout changement clinique rapide.
  • Coordonner l'orientation vers des soins de santé à domicile pour le suivi du poids et des médicaments après la sortie, selon le protocole de l'établissement.

Résultat : Le poids, les entrées/sorties et les indicateurs de perfusion sont surveillés et signalés dans les limites des paramètres prescrits ; l'œdème périphérique, les bruits pulmonaires et la TVJ sont réévalués et suivis selon le protocole de l'établissement ; la tendance du BNP (si prescrit) est documentée et signalée à l'équipe médicale.

Diagnostic infirmier 2 : Altération des échanges gazeux

Altération des échanges gazeux liée à une décompensation d'insuffisance cardiaque congestive (ICC) ; classée selon la fraction d'éjection en ICFEr (FEVG ≤ 40 %), ICFEmr (41–49 %) ou ICFEp (≥ 50 %), se manifestant par : dyspnée au moindre effort ; orthopnée ; crépitants bibasilaires ; SpO2 inférieure aux paramètres prescrits à l'air ambiant ; augmentation des besoins en oxygène de supplémentation.

Interventions

  • Surveiller la SpO2 en continu et consigner la tendance selon le protocole de l'établissement.
  • Évaluer la fréquence respiratoire, l'amplitude, l'effort, l'utilisation des muscles accessoires et les bruits respiratoires à des intervalles adaptés à l'acuité clinique et au protocole de l'établissement.
  • Ausculter les bruits respiratoires dans tous les champs pulmonaires selon le protocole de l'établissement.
  • Surveiller et signaler les valeurs de la gazométrie sanguine selon la prescription médicale ; signaler un pH < 7.30, une PaO2 < 60 mmHg ou une PaCO2 en hausse.
  • Observer les signes pouvant refléter une aggravation de l'hypoxie cérébrale : agitation, confusion, modification du comportement, cyanose, tachycardie ou tachypnée.
  • Administrer de l'oxygène de supplémentation selon la prescription et l'ajuster selon les paramètres médicaux pour maintenir la SpO2 dans la plage prescrite ; augmenter par étapes (lunettes à oxygène, lunettes à haut débit, masque haute concentration, VNI/BiPAP, intubation) selon le protocole de l'établissement.
  • Positionner le patient en position de Fowler complet ou avec la tête du lit relevée à 30–45° selon la tolérance et le protocole de l'établissement.
  • Guider le patient dans les techniques de respiration diaphragmatique et labiale pincée lorsque le patient est éveillé et capable de participer.
  • Encourager la spirométrie incitative selon le protocole de l'établissement lorsque le patient est éveillé et capable de participer.
  • Pratiquer une aspiration des voies respiratoires au besoin et selon le protocole de l'établissement lorsque les sécrétions sont excessives et que la toux du patient est inefficace.
  • Anticiper et se préparer à une ventilation non invasive (VNI/BiPAP) ou à une intubation selon le protocole de l'établissement lorsque le travail respiratoire ou l'oxygénation s'aggravent malgré un traitement optimisé.
  • Enseigner les techniques de respiration à lèvres pincées et diaphragmatique que le patient peut utiliser de manière autonome en cas de dyspnée.
  • Éduquer le patient sur la gestion du rythme des activités et les techniques d'économie d'énergie.
  • Éduquer le patient et sa famille sur les signes précoces d'aggravation de la dyspnée devant inciter à appeler les urgences (le 15 ou le 112) : essoufflement sévère au repos, douleur thoracique, nouvelle confusion, cyanose ou crachats mousseux rosés.
  • Aviser le médecin en cas de SpO2 inférieure aux paramètres prescrits malgré l'ajustement de l'oxygène, de nouvelle orthopnée à une inclinaison de lit < 30°, de crachats mousseux rosés ou de tout changement clinique rapide.
  • Coordonner avec l'équipe d'inhalothérapie ou de réanimation pour une assistance respiratoire et une ventilation avancées selon le protocole de l'établissement lorsque les mesures non invasives ne permettent pas de maintenir les paramètres prescrits.

Résultat : Le patient maintient sa SpO2 dans les limites des paramètres prescrits avec le support le plus faible possible répondant à l'objectif ; la fréquence respiratoire reste dans les limites des paramètres prescrits sans utilisation de muscles accessoires ; les résultats des gaz du sang sont surveillés et signalés selon le protocole de l'établissement.

Diagnostic infirmier 3 : Intolérance à l'activité

Intolérance à l'activité liée à une décompensation d'insuffisance cardiaque congestive (ICC) ; classée selon la fraction d'éjection en ICFEr (FEVG ≤ 40 %), ICFEmr (41–49 %) ou ICFEp (≥ 50 %), se manifestant par : dyspnée au moindre effort (généralement à la marche sur < 3 mètres) ; fatigue et faiblesse signalées par le patient ; besoin d'une assistance ou surveillance pour la marche ; élévation de la FC disproportionnée par rapport à l'état clinique au moindre effort ; sommeil de mauvaise qualité dû à l'orthopnée ou à la diurèse nocturne.

Interventions

  • Surveiller les signes vitaux (FC, PA, FR, SpO2) avant, pendant et après l'activité selon le protocole de l'établissement.
  • Évaluer la dyspnée ressentie par le patient sur une échelle de 0–10 avant et après l'activité.
  • Évaluer quotidiennement la qualité et la durée du sommeil ; identifier l'orthopnée ou les réveils nocturnes comme facteurs contributifs.
  • Observer les signes de surmenage : pâleur, diaphorèse, douleur thoracique, syncope, palpitations.
  • Aider aux AVQ (activités de la vie quotidienne) au besoin ; regrouper les soins pour permettre des périodes de repos ininterrompues.
  • Collaborer avec le kinésithérapeute/physiothérapeute pour un plan de mobilisation progressive selon le protocole de l'établissement, en commençant par de courtes activités supervisées.
  • Interrompre l'activité selon le protocole de l'établissement lorsque les signes vitaux dépassent les seuils prescrits (généralement une baisse de la PAS > 20 mmHg, une hausse de la FC > 20 % au-dessus de la FC de repos, une SpO2 inférieure aux paramètres prescrits, une nouvelle douleur thoracique, une nouvelle dysrythmie ou une syncope) et en aviser le médecin.
  • Prévoir des périodes de repos entre les activités et après les AVQ selon le protocole de l'établissement.
  • Éduquer sur les techniques d'économie d'énergie : planifier le rythme des activités, prioriser les tâches, s'asseoir pour effectuer les tâches lorsque cela est possible.
  • Enseigner au patient à reconnaître son propre seuil de dyspnée et à se reposer avant de l'atteindre.
  • Éduquer sur l'importance d'une activité régulière à un niveau toléré plutôt qu'un alitement prolongé.
  • Coordonner avec le kinésithérapeute et l'ergothérapeute pour l'orientation vers une réadaptation cardiaque ambulatoire selon la prescription médicale.
  • Aviser le médecin en cas de dyspnée d'effort nouvelle ou aggravée, de douleur thoracique ou de syncope.

Résultat : Le patient signale une diminution de la fatigue lorsque son état clinique le permet ; le patient déambule dans les limites des paramètres prescrits avec le niveau d'assistance approprié ; la FC et la PA reviennent vers les valeurs de base dans le délai prévu après l'activité, selon le protocole de l'établissement.

Diagnostic infirmier 4 : Diminution du débit cardiaque

Altération du débit cardiaque liée à une décompensation d'insuffisance cardiaque congestive (ICC) ; classée selon la fraction d'éjection en ICFEr (FEVG ≤ 40 %), ICFEmr (41–49 %) ou ICFEp (≥ 50 %), se manifestant par : turgescence des veines jugulaires (TVJ) ; bruit de galop B3 à l'auscultation ; diminution de la perfusion périphérique (extrémités froides, temps de remplissage capillaire [TRC] > 3 secondes) ; diurèse < 0.5 mL/kg/h ; fatigue et dyspnée signalées par le patient.

Interventions

  • Surveiller le rythme cardiaque en continu et consigner toute nouvelle arythmie.
  • Évaluer les pouls apicaux et périphériques pour en vérifier la fréquence, le rythme et la qualité, selon le protocole de l'établissement.
  • Vérifier le temps de remplissage capillaire, la température et la couleur de la peau selon le protocole de l'établissement.
  • Surveiller la diurèse horaire via une sonde urinaire (Foley) lorsque prescrit ; aviser le médecin en cas de diurèse < 30 mL/h (ou < 0.5 mL/kg/h) pendant 2 heures consécutives.
  • Évaluer l'état de conscience, l'orientation et le comportement selon le protocole de l'établissement.
  • Ausculter les bruits cardiaques à la recherche d'un nouveau bruit de galop B3 ou B4 selon le protocole de l'établissement.
  • Administrer les médicaments cardiaques prescrits (diurétique de l'anse, bêtabloquant, IEC/ARA II/ARNI, ARM, inhibiteur du SGLT2) selon les directives médicales, les recommandations de la pharmacie et le protocole de l'établissement.
  • Contrôler la FC et la PA avant chaque dose de médicament cardiaque ; suspendre l'administration et en aviser le médecin selon les paramètres d'arrêt de l'établissement (généralement une FC inférieure aux paramètres prescrits ou une PAS < 90 mmHg).
  • Maintenir une voie d'abord veineuse fiable selon le protocole de l'établissement pour l'administration potentielle de médicaments vasoactifs.
  • Administrer le support vasoactif prescrit (ex. noradrénaline, dobutamine) selon les directives médicales et le protocole de l'établissement lorsqu'il est initié ; surveiller la PAM, le rythme, la diurèse, la perfusion périphérique et les signes d'extravasation.
  • Assurer des périodes de repos adéquates entre les activités de soins.
  • Enseigner au patient à reconnaître et à signaler les signes de diminution du débit cardiaque : fatigue accrue, nouvelle confusion, diminution de la diurèse, sensations vertigineuses ou syncope.
  • Éduquer sur l'observance thérapeutique et sur la nécessité de contacter le médecin avant d'arrêter tout médicament cardiaque, y compris les bêtabloquants indiqués dans l'IC.
  • Déclencher l'alerte selon le protocole de l'établissement en cas de signes compatibles avec un choc cardiogénique (ex. PAS persistante < 90 mmHg ou inférieure aux paramètres prescrits, marbrures, nouvelle confusion, diurèse < 0.5 mL/kg/h) et en aviser l'équipe médicale ainsi que l'équipe d'intervention rapide selon la politique de l'établissement.
  • Coordonner une consultation en cardiologie selon la prescription médicale pour l'évaluation de traitements avancés de l'IC lorsque les symptômes sont réfractaires.

Résultat : La diurèse, la perfusion et les signes vitaux sont surveillés et signalés dans les limites des paramètres prescrits ; la chaleur, la couleur et le temps de remplissage capillaire des extrémités sont réévalués selon le protocole de l'établissement ; l'état neurologique est réévalué et tout changement est signalé rapidement.

Diagnostic infirmier 5 : Anxiété

Anxiété liée à une décompensation d'insuffisance cardiaque congestive (ICC) ; classée selon la fraction d'éjection en ICFEr (FEVG ≤ 40 %), ICFEmr (41–49 %) ou ICFEp (≥ 50 %), se manifestant par : verbalisation par le patient de la peur de mourir ou d'une aggravation ; agitation, incapacité à rester immobile ; tachycardie disproportionnée par rapport à l'état clinique ; orthopnée et sensation d'essoufflement ; troubles du sommeil.

Interventions

  • Évaluer le niveau d'anxiété sur une échelle de 0–10 au début de chaque quart de travail et au besoin (PRN).
  • Identifier les facteurs déclenchants exprimés par le patient (essoufflement, alarmes des moniteurs, peur de mourir, troubles du sommeil).
  • Observer les signes physiques d'anxiété : tachycardie disproportionnée par rapport à l'état clinique, agitation, torsion des mains, hypervigilance.
  • Évaluer quotidiennement la qualité du sommeil et les facteurs perturbateurs (alarmes, éclairage, interventions fréquentes, orthopnée, anxiété).
  • Assurer une présence calme et rassurante ; parler clairement et à un rythme modéré.
  • Expliquer les procédures et les résultats en termes simples et accessibles au patient avant de les réaliser.
  • Regrouper les soins pour permettre des périodes de repos ininterrompues lorsque l'état clinique le permet.
  • Limiter les stimuli nocturnes non essentiels (plafonniers, conversations bruyantes, alarmes inutiles) selon le protocole de l'établissement.
  • Faciliter la présence de la famille selon la politique de l'établissement.
  • Enseigner la respiration diaphragmatique et des techniques d'ancrage que le patient peut utiliser de manière autonome.
  • Informer le patient et sa famille sur la signification des alarmes et sur ce qui est ou n'est pas cliniquement préoccupant.
  • Enseigner la relaxation musculaire progressive comme aide à l'endormissement.
  • Coordonner avec le service d'aumônerie, le service social ou les services de psychologie selon le protocole de l'établissement lorsque l'anxiété persiste ou s'aggrave malgré les mesures non pharmacologiques.
  • Aviser le médecin en cas d'anxiété sévère ou persistante ne répondant pas aux mesures non pharmacologiques.

Résultat : Le patient exprime une diminution de l'anxiété ; le patient démontre l'utilisation d'au moins une stratégie d'adaptation ; la FC est cohérente avec l'état clinique.

Physiopathologie

L'insuffisance cardiaque congestive (ICC) est un syndrome clinique dans lequel le cœur ne peut pas pomper ou se remplir adéquatement pour répondre aux demandes métaboliques de l'organisme. L'insuffisance gauche entraîne une congestion pulmonaire : dyspnée, orthopnée, dyspnée paroxystique nocturne et crépitants. L'insuffisance droite entraîne une congestion veineuse systémique : œdème périphérique, turgescence des veines jugulaires (TVJ), hépatomégalie et ascite. L'insuffisance biventriculaire présente les deux caractéristiques.

L'insuffisance cardiaque (IC) moderne est classée selon la fraction d'éjection. L'ICFEr (FEVG ≤ 40 %) correspond à un dysfonctionnement systolique avec remodelage ventriculaire excentrique ; c'est la forme qui bénéficie des traitements les plus efficaces pour réduire la mortalité (les quatre piliers du traitement médical optimal guidé par les directives ou GDMT : ARNI ou IEC/ARA II, bêtabloquant, ARM, inhibiteur du SGLT2). L'ICFEp (FEVG ≥ 50 %) correspond à un dysfonctionnement diastolique avec hypertrophie concentrique et rigidité des ventricules qui ne parviennent pas à se relâcher ; la congestion est similaire, mais les options de traitement médical optimal sont plus limitées — les inhibiteurs du SGLT2 bénéficient d'une recommandation de classe I (EMPEROR-Preserved, DELIVER), l'ARNI d'un signal de classe IIb (PARAGON-HF), l'ARM d'un signal de classe IIb, et les diurétiques soutiennent le contrôle de la volémie. L'ICFEmr (41–49 %) est généralement traitée de manière similaire à l'ICFEr selon les directives actuelles.

À mesure que le débit cardiaque diminue, le système rénine-angiotensine-aldostérone (SRAA) et le système nerveux sympathique s'activent, entraînant une rétention hydrique et une vasoconstriction qui augmentent encore la charge de travail myocardique, créant ainsi un cycle auto-entretenu de remodelage cardiaque progressif et de détérioration clinique. Les étiologies courantes comprennent les cardiopathies ischémiques, hypertensives, valvulaires et les cardiomyopathies. Les stades A–D (ACC/AHA) et la classification fonctionnelle NYHA I–IV ancrent la stratification du risque et le pronostic. L'ICC aiguë décompensated peut rapidement évoluer vers un œdème aigu du poumon (OAP) cardiogénique ou un choc cardiogénique ; le rôle infirmier consiste à reconnaître les signes précoces, à soutenir de manière sécuritaire le traitement prescrit, à surveiller la réponse et les effets indésirables, et à transmettre les alertes à l'équipe médicale conformément au protocole de l'établissement.

Référence rapide

  • Classification de la FE : ICFEr ≤ 40 / ICFEmr 41–49 / ICFEp ≥ 50
  • Cible de SpO2 : Selon les paramètres prescrits (généralement ≥ 92 % à l'air ambiant)
  • Poids quotidien : À la même heure, sur la même balance, avec les mêmes vêtements
  • Restriction hydrique : Selon la prescription médicale (généralement ≤ 2 L/jour en phase de décompensation)
  • Restriction sodée : Selon la prescription médicale (généralement ≤ 2 g/jour)

Analyses de laboratoire courantes

Analyse Valeurs normales Signification clinique dans l'ICC
BNP < 100 pg/mL Des valeurs > 400 pg/mL peuvent appuyer un tableau clinique d'insuffisance cardiaque ; suivre la courbe de réponse à la diurèse prescrite. Les infirmiers signalent les valeurs hors valeurs de référence à l'équipe médicale.
NT-proBNP < 300 pg/mL Des seuils ajustés selon l'âge s'appliquent et restent utiles en cas d'insuffisance rénale. À interpréter dans le contexte clinique global ; les infirmiers signalent les valeurs hors valeurs de référence.
Troponine < 0.04 ng/mL Aide à évaluer la présence d'un infarctus du myocarde aigu concomitant ; une légère élévation peut être observée lors d'une décompensation d'ICC. Les infirmiers signalent les valeurs nouvelles ou en hausse à l'équipe médicale.
Na+ 135–145 mEq/L L'hyponatrémie est fréquente dans l'IC avancée et est associée à un pronostic plus sombre. Les infirmiers signalent toute valeur hors des paramètres prescrits.
K+ 3.5–5.0 mEq/L Les diurétiques de l'anse peuvent abaisser la kaliémie ; les IEC, ARA II, ARNI et ARM peuvent l'augmenter. Les infirmiers surveillent les valeurs sérielles et signalent les résultats hors des paramètres prescrits.
Mg2+ 1.7–2.2 mg/dL Les diurétiques de l'anse peuvent épuiser le magnésium ; des valeurs basses peuvent augmenter le risque d'arythmie. Les infirmiers signalent les valeurs basses et se préparent à administrer la supplémentation prescrite.
Urée / Cr Urée 7–20 mg/dL / Cr 0.6–1.2 mg/dL Des valeurs en hausse peuvent refléter une diminution de la perfusion rénale (syndrome cardiorénal). Les infirmiers suivent les valeurs sérielles pendant la diurèse et signalent toute détérioration de la fonction rénale à l'équipe médicale.
Hémoglobine 12–17 g/dL L'anémie peut aggraver les symptômes de l'IC ; les seuils de transfusion varient selon le contexte clinique et suivent la prescription médicale et le protocole de l'établissement.
Gaz du sang pH 7.35–7.45 / PaO2 80–100 mmHg / PaCO2 35–45 mmHg Une acidose respiratoire peut se développer en cas d'hypoventilation lors d'un œdème aigu du poumon. Des résultats tels qu'un pH < 7.30 ou une PaO2 < 60 mmHg doivent inciter à une réévaluation urgente et à une discussion avec l'équipe médicale selon le protocole de l'établissement.

Médicaments courants

Classe Exemples Mécanisme d'action Principaux effets indésirables Considérations infirmières
Diurétique de l'anse Furosémide (Lasix), Bumétanide Inhibe le co-transporteur Na+/K+/2Cl dans l'anse de Henle, entraînant une natriurèse rapide et une perte d'eau. Hypokaliémie, hypomagnésémie, déshydratation, ototoxicité (avec injection IV directe rapide), hyperuricémie. Administrer selon la prescription médicale ; la voie IV est généralement préférée en cas de décompensation aiguë lorsque l'absorption intestinale peut être altérée. Surveiller le poids quotidien, le bilan hydrique strict (E/S), le K+, le Mg2+ et la Cr selon le protocole de l'établissement (généralement un contrôle 4–6 heures après une dose IV). Alerter le médecin en cas de diurèse < 30 mL/h pendant 2 heures consécutives, de hausse de la Cr ou d'hypotension symptomatique.
Inhibiteur de l'enzyme de conversion (IEC) Lisinopril, Énalapril Bloque l'enzyme de conversion de l'angiotensine, diminuant l'angiotensine II ; produit une vasodilatation et diminue l'aldostérone, favorisant le remodelage inverse dans l'ICFEr. Toux sèche, hyperkaliémie, hypotension, angiœdème, hausse de la Cr. Administrer selon la prescription. Vérifier la PA et la kaliémie/Cr récentes selon les paramètres d'arrêt de l'établissement avant chaque dose. Alerter le médecin pour une PAS inférieure aux paramètres prescrits, un K+ supérieur aux paramètres prescrits, une nouvelle toux ou un gonflement du visage. Les IEC et les ARA II ne sont pas co-administrés ; le choix thérapeutique relève de l'équipe médicale.
Antagoniste des récepteurs de l'angiotensine II (ARA II) Losartan, Valsartan Bloque le récepteur AT1 en aval de l'enzyme de conversion de l'angiotensine ; produit des effets hémodynamiques et neurohormonaux similaires sans la toux médiée par la bradykinine. Hyperkaliémie, hypotension ; la toux est rare par rapport aux IEC. Administrer selon la prescription. La surveillance est identique à celle des IEC (PA, K+, Cr) ; la substitution entre un IEC et un ARA II est une décision de l'équipe médicale.
ARNI Sacubitril/valsartan Associe un inhibiteur de la néprilysine à un ARA II ; augmente les peptides natriurétiques bénéfiques tout en bloquant les récepteurs AT1. Recommandation de classe I pour l'ICFEr chronique et de classe IIb pour l'ICFEp (PARAGON-HF) selon les directives actuelles. Hypotension, hyperkaliémie, hausse de la Cr, angiœdème (particulièrement avec une exposition antérieure aux IEC dans les 36 heures). Administrer selon la prescription médicale. Vérifier qu'une période de fenêtre thérapeutique de 36 heures sans aucun IEC est documentée conformément au protocole de l'établissement avant la première dose. Surveiller la PA, le K+ et la Cr ; signaler rapidement toute suspicion d'hypotension ou d'angiœdème.
Bêtabloquant (indiqué dans l'IC) Carvédilol, Succinate de métoprolol, Bisoprolol Bloque les récepteurs β1 (et β2 avec le carvedilol) ; diminue la FC et la contractilité, et favorise le blocage neurohormonal ainsi que le remodelage inverse dans l'ICFEr. Bradycardie, hypotension, fatigue, bronchospasme (moindre avec les agents cardiosélectifs), bloc auriculo-ventriculaire (BAV). Administrer selon la prescription. Vérifier la FC et la PA par rapport aux critères d'arrêt de l'établissement (généralement arrêt pour une FC inférieure aux paramètres prescrits ou une PAS < 90 mmHg) et alerter le médecin. Informer le patient et sa famille que les bêtabloquants indiqués dans l'IC ne doivent pas être arrêtés brusquement sans l'avis du médecin, car un arrêt soudain peut s'accompagner d'une tachycardie de rebond, d'hypertension ou d'ischémie.
Antagoniste des récepteurs des minéralocorticoïdes (ARM) Spironolactone, Éplérénone Bloque l'aldostérone au niveau du néphron distal et produit une diurèse d'épargne potassique ; favorise le remodelage inverse et réduit la mortalité dans l'ICFEr. Hyperkaliémie, gynécomastie (spironolactone), insuffisance rénale. Administrer selon la prescription médicale. Surveiller le K+ et la Cr selon le protocole de l'établissement (généralement chaque semaine pendant le premier mois et après chaque modification de posologie), en particulier lors de l'association avec un IEC, un ARA II ou un ARNI. Signaler rapidement toute suspicion d'hyperkaliémie.
Inhibiteur du SGLT2 Dapagliflozine, Empagliflozine Inhibe la réabsorption rénale du glucose et produit une légère diurèse osmotique. Recommandation de classe I sur tout le spectre de la FE selon les directives actuelles — ICFEr (DAPA-HF, EMPEROR-Reduced) et ICFEmr/ICFEp (EMPEROR-Preserved, DELIVER) — avec des réductions des hospitalisations pour IC et de la mortalité cardiovasculaire. Infections génito-urinaires, acidocétose diabétique (ACD) euglycémique, déplétion volémique. Administrer selon la prescription. Encourager une hydratation orale adéquate lorsque l'état clinique le permet ; le médicament peut être suspendu en période périopératoire ou en cas de maladie aiguë selon la prescription médicale. Enseigner au patient et à sa famille les signes de l'ACD. Les bénéfices sont documentés quel que soit le statut diabétique.

Références

  • Makic, M. B. F., & Martinez-Kratz, M. R. (Eds.). (2023). Ackley and Ladwig’s Nursing Diagnosis Handbook: An Evidence-Based Guide to Planning Care (13e éd.). Elsevier.
  • Heidenreich, P. A., Bozkurt, B., Aguilar, D., et al. (2022). 2022 AHA/ACC/HFSA Guideline for the Management of Heart Failure. Circulation, 145(18), e895–e1032.

Questions fréquentes

What is the nursing care plan for CHF?

A CHF nursing care plan organizes the assessment, nursing diagnoses, goals, interventions, and evaluation criteria for a patient with congestive heart failure. The two anchor problems are reduced cardiac output and volume overload; everything else hangs off those.

What are the nursing diagnoses for CHF?

The most clinically relevant nursing diagnoses for CHF are Cardiac Output Alteration, Fluid Volume Excess, Activity Intolerance, Gas Exchange Impairment, and Anxiety. Order them by what is currently most destabilizing for the patient — fluid overload usually leads in acute decompensation.

What is the priority nursing intervention for CHF?

Maintaining adequate cardiac output is the priority — administer diuretics on time, monitor for hypokalemia, position the patient semi-Fowler to reduce preload on the right heart, and watch for signs of worsening pulmonary congestion. Daily weights at the same time of day are the most reliable bedside indicator of fluid trend.

What complications should the nurse monitor for in CHF?

Watch for pulmonary edema (sudden worsening dyspnea, pink frothy sputum), cardiogenic shock (hypotension, mottling, decreased LOC), arrhythmias (especially in the setting of diuresis-induced hypokalemia), and acute kidney injury from over-diuresis.

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